Brecht et le financement de la recherche

Lu dans la vie de Galilée :

GALILEE. Et à quoi sert une libre recherche sans temps libre pour chercher ? Qu’advient-il des résultats ? Peut-être pourriez-vous montrer un jour à ces messieurs de la Signoria mes études sur les lois de la chute des corps -il désigne une liasse de manuscrits- et leur demander si cela ne vaut pas quelques écus de plus

LE CURATEUR. Cela vaut infiniment plus, monsieur Galilée.

GALILEE. Non pas infiniment plus, mais cinq cents écus de plus, monsieur.

LE CURATEUR. Ne vaut tant que ce qui rapporte tant. (…) Vos lois sur le chute des corps ont fait beaucoup de bruit, certes. On vous applaudit à Paris et à Prague. Mais les messieurs qui applaudissent là-bas ne payent pas à l’université de Padoue ce que vous lui coûtez. Votre discipline est votre malheur, monsieur Galilée.

GALILEE Je comprends : libre commerce, libre recherche. Libre commerce avec la recherche, n’est-ce pas ?

Les joies de la recherche desintéressée et un peu théorique, ne pouvant être rentable… A votre avis, comment Galilée trouve-t-il son financement ?


Réponse :

Le futur gendre de Galilée, Ludovico, lui ramène une lunette de Hollande. Galilée l’améliore un peu, change la couleur de l’étui, et se présente aux autorités, affirmant que ce merveilleux objet est le fruit de 17 ans de recherche acharnée. Les mécènes applaudissent le prodige et lui versent ses 500 écus.
Deux jours plus tard, ceux-ci s’aperçoient qu’ils ont été bernés, lorsque la lunette hollandaise arrive en Italie, et le font savoir à Galilée…

7 Responses to “Brecht et le financement de la recherche”

  1. Aeterna Says:

    En aidant l’armée à mieux utiliser ses armes, comprendre les principes de la chute des corps permet aussi d’envoyer des boulets de canon plus loin, enfin du moins d’établir des tables de portée pour que les canons soient plus précis

    Enfin bon il a aussi fabriquer les premières longue vue non? Enfin les premières en Europe?

  2. vf Says:

    et qui est l’auteur de ça, Tom :

    Ayant très illustre Seigneur, vu et étudié les expériences de tous ceux qui se prétendent maîtres en l’art d’inventer des machines de guerre et ayant constaté que leurs machines ne diffèrent en rien de celles communément en usage, je m’appliquerai, sans vouloir faire injure à aucun, à révéler à Votre Excellence certains secrets qui me sont personnels, brièvement énumérés ici.

    1° – J’ai un moyen de construire des ponts très légers et faciles à transporter, pour la poursuite de l’ennemi en fuite ; d’autres plus solides qui résistent au feu et à l’assaut, et aussi aisés à poser et à enlever. Je connais aussi des moyens de brûler et de détruire les ponts de l’ennemi.

    2° – Dans le cas d’investissement d’une place, je sais comment chasser l’eau des fossés et faire des échelles d’escalade et autres instruments d’assaut.

    3° – Item. Si par sa hauteur et sa force, la place ne peut être bombardée, j’ai un moyen de miner toute forteresse dont les fondations ne sont pas en pierre.

    4° – Je puis faire un canon facile à transporter qui lance des matières inflammables, causant un grand dommage et aussi grande terreur par la fumée.

    5° – Item. Au moyen de passages souterrains étroits et tortueux, creusés sans bruit, je peux faire passer une route sous des fossés et sous un fleuve.

    6° – Item. Je puis construire des voitures couvertes et indestructibles portant de l’artillerie et, qui ouvrant les rangs de l’ennemi, briseraient les troupes les plus solides. L’infanterie les suivrait sans difficulté.

    7° – Je puis construire des canons, des mortiers, des engins à feu de forme pratique et différents de ceux en usage.

    8° – Là où on ne peut se servir de canon, je puis le remplacer par des catapultes et des engins pour lancer des traits d’une efficacité étonnante et jusqu’ici inconnus. Enfin, quel que soit le cas, je puis trouver des moyens infinis pour l’attaque.

    9° – S’il s’agit d’un combat naval, j’ai de nombreuses machines de la plus grande puissance pour l’attaque comme pour la défense : vaisseaux qui résistent au feu le plus vif, poudres et vapeurs.

    10° – En temps de paix, je puis égaler, je crois, n’importe qui dans l’architecture, construire des monuments privés et publics, et conduire l’eau d’un endroit à l’autre. Je puis exécuter de la sculpture en marbre, bronze, terre cuite. En peinture, je puis faire ce que ferait un autre, quel qu’il puisse être. Et en outre, je m’engagerais à exécuter le cheval de bronze à la mémoire éternelle de votre père et de la Très Illustre Maison de Sforza.

    Et si quelqu’une des choses ci-dessus énumérées vous semblait impossible ou impraticable, je vous offre d’en faire l’essai dans votre parc ou en toute autre place qu’il plaira à Votre Excellence, à laquelle je me recommande en toute humilité.

  3. Tom Roud Says:

    @ vf : un autre italien génial, peintre, ingénieur, sculpteur et spécialiste de l’anatomie à ses heures perdues, c’est ça ?

    Mais non, la réponse n’est pas en fabriquant des armes ;) . Par contre Aeterna n’est pas loin !

  4. vf Says:

    gagné
    (d’ailleurs le premier à avoir fait des moulages de vaiseaux, avec de la cire, et même devenu anatomiste par hasard : un médecin l’avait chargé de faire les planches d’anatomie pour son livre, le mec est mort, il a fait le livre tout seul)
    Donc Gallilée, euh, il vendait des lunettes pour arrondir ses fins de mois?
    VF

  5. Tom Roud Says:

    @ VF : presque, la réponse est à la fin du billet !

  6. vf Says:

    Gallilée, fraudeur? Non, c’est pas possible, un mythe s’écroule

  7. Tom Roud Says:

    Je ne sais pas si c’est vrai, mais c’est très clair dans la pièce !!


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