Un été qui sent le Nobel

Il suffit que je prenne (semi) congé blogosphérique pour que l’actualité scientifique s’emballe. A mi-été, nous avons donc déjà eu :

  • la différentiation de cellules souches en spermatozoides, qui ouvre des perspectives thérapeutiques (soin de la stérilité), éthiques (est-il légitime de la soigner ?) et simplement scientifiques (une étape de plus dans la compréhension de la différentiation) intéressantes. Avec un côté Dallas derrière : le papier a depuis été rétracté car le premier auteur avait plagié l’intro d’un autre papier  – et se retrouve, un peu durement à mon avis, exclu de la resoumission (via @FGabarrot )
  • La démonstration que les cellules souches iPS peuvent générer un embryon, puis un animal viable. Cf un de mes billets précédents, je pense que le résultat est aussi intéressant d’un point de vue géopolitique scientifique, vu qu’il s’agit d’un résultat important obtenu par deux équipes chinoises, vraisemblablement par force brute. La Chine est la puissance scientifique émergente du moment, et utilise la force du nombre pour craquer des problèmes nécessitant beaucoup d’étudiants. Exemple : il y a des projets en cours de labos où l’on fabriquerait autant de souris que de gènes, chaque souris ayant un gène muté (et un étudiant derrière pour voir ce qui se passe).
  • L’induction du cocktail de gènes de Yamanaka , utilisé pour reprogrammer des cellules adultes en cellules souches iPS, sans modification du génome et par des moyens physiques (via @EnroWeb ).  Cela dit ils n’ont pas prouvé que leurs cellules ainsi induites étaient de vraies cellules iPS, comme le titre du papier l’indique par ommission (“Induction of Stem Cell Gene Expression in Adult Human Fibroblasts without Transgenes”)
  • Et ce matin, cerise sur le gâteau, en physique. Deux nouvelles “particules” (sera-t-on un jour mûr pour dire  fonction d’onde ?) ont été observées, issues de la séparation en deux d’un électron, particule pourtant réputée insécable… Le processus de découverte illustre d’ailleurs bien comment les choses se passent dans une science mathématisée mature (comme la physique) : les théoriciens ont prédit le phénomène il y a quasiment 30 ans, et les expérimentateurs réalisent le tour de force expérimental aujourd’hui. Vive la complémentarité théorie-expérience !

On vit vraiment une époque formidable !

5 Responses to “Un été qui sent le Nobel”

  1. Fab Says:

    Salut,

    Un petit follow-up pour l’histoire des spermatozoides : http://www.news.com.au/story/0,23599,23139620-401,00.html ;)

    F.

  2. Savants Américains Point Com Says:

    Oui enfin tout de même il serait bon que les scientifiquent cessent de s’intéresser à des choses qu’ils mettent trente ans à prouver et soixante à démontrer. Y’en a marre de la science théorique, on veut du concret, des médicaments et des voitures plus rapides, maintenant. La crise ne va pas se résoudre toute seule bon dieu de bon dieu. Et à propos de bon dieu, les scientifiques doivent apprendre que 95% des gens sur terre croient que l’univers a été créé par Dieu, alors il faudra un jour qu’ils choisissent entre la normalité et le satanisme. Non mais.

  3. judem Says:

    @Savants Américains Point Com : le coup de l’athée qui se fait passer pour un croyant afin de ridiculiser les non-athées, c’est bien vu mais quand c’est trop gros, c’est pas crédible !

  4. Savants Américains Point Com Says:

    Tain, c’est vrai, c’est consternant, je vais aller me suicider, salut.

  5. Pierre Girard Says:

    A peine le dos tourné… :)
    Merci pour cette petite compile!


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