De la stratégie de communication pro et anti sceptiques
C’est entendu : les diverses “polémiques” scientifiques récentes dans les media montrent le besoin d’une meilleure information scientifique, et d’aucuns comme Chris Mooney affirment que dorénavant les scientifiques eux-mêmes doivent descendre dans l’agora pour expliquer et défendre la science.
Cependant, un problème se pose d’entrée : pour convaincre media et grand public, mieux vaut être un “bon client”. Le débat récent sur le réchauffement climatique nous en a offert un bon exemple. Force est de constater que Vincent Courtillot a rencontré un énorme succès : de ma position d’internaute expat branché sur l’internet, je n’ai vu que lui, de Parlons Net à C dans l’air, en passant par le 7-9 de France Inter (en semaine et le week-end) voire le journal de France 2.
Quels ont donc été les points forts de Courtillot ? J’en vois au moins 3 :
- D’abord Courtillot a une légitimité scientifique incontestable : académicien des sciences, patron de l’IPGP. Même si le parcours scientifique est proche, il n’a pas le côté politique d’un Claude Allègre. Bref, Courtillot portait le poids de l’autorité scientifique pure, d’autant plus quand il s’agissait de contester d’autres autorités scientifiques, qui, au contraire, ont été indirectement “souillées” par le côté éminemment politique d’un Prix Nobel de la Paix.
- Ensuite, Courtillot a eu un discours simple, clair, accessible, illustré d’exemples frappants. Combien de fois l’avons-nous entendu parler du Groenland vert, ou des vignes anglaises du Moyen Age ? Des contre-images d’Epinal frappantes, à même de marquer les esprits et de convaincre en quelques mots, ce qui est idéal pour l’échelle de temps médiatique.
- Enfin qui dit science dit chiffres et statistiques, naturellement incontestables dans l’esprit du grand public. Là encore, Courtillot a excellé : loin de se contenter des outrances d’un Allègre affirmant que la courbe en crosse de Hockey, c’est n’importe quoi (suscitant haussements de sourcils interloqués), Courtillot a montré ses courbes et ses mesures. Ajoutez à cela une poignée de discours sur la corrélation entre température et divers phénomènes magnétiques, toujours très convaincants.
En somme trois points importants pour légitimer le discours scientifique : légitimité institutionnelle, arguments qualitatifs frappants, données quantitatives vulgarisées pour soutenir les arguments qualitatifs, les deux derniers points pouvant être énoncés en quelques secondes sur un plateau télé. Une leçon à tirer à mon avis pour toute communication scientifique visant à convaincre le grand public.
On peut réexaminer sous cet angle le discours du “consensus climatique” sur le réchauffement d’origine anthropique. Sur la légitimité scientifique, lorsqu’un Jouzel était invité comme contradicteur, on peut dire qu’il y avait essentiellement match nul avec Courtillot. Mais pour les deux derniers points, j’ai le sentiment que les climatologues ont perdu le débat médiatique en ne se focalisant pas assez sur le point 2 et en dérivant trop vite vers le point 3, balançant chiffres et détails techniques incompréhensibles pour le commun des mortels. Il me semble qu’il a manqué une bonne image d’Epinal, un retour aux fondamentaux pour convaincre.
Le problème essentiel dans ce débat sur le climat est qu’il me semble que les climatologues n’ont pas conscience que bien peu de gens maîtrisent vraiment les fondamentaux – ce qui donne d’ailleurs un avantage d’image aux franc-tireurs moins spécialistes et donc moins “savants cosinus”. Un exemple très simple : comme on s’en rend vite compte dès qu’on discute sur Internet, si tout le monde a entendu dire que les scientifiques affirment que CO2 est un gaz à effet de serre, les gens ne réalisent pas toujours ce que cela signifie vraiment. Par exemple, il aurait été selon moi bon de revenir longuement sur le points suivants :
- qu’est-ce que l’effet de serre ? Réexpliquer que certains gaz sont opaques au rayonnement thermique réémis depuis la Terre. Image d’Epinal : la serre justement, qui permet d’expliquer aussi que la source d’énergie initiale est le soleil dont les rayons sont diffusés dans l’infrarouge par la Terre.
- le CO2 est un gaz opaque au rayonnement thermique, comme d’autres gaz tels que la vapeur d’eau ou le méthane. C’est un fait expérimental de laboratoire, connu et vérifié depuis 150 ans, quantifiable et quantifié. Donc le CO2 est un gaz à effet de serre, d’où l’inquiétude face aux rejets du CO2. Image d’Epinal : plus de CO2 -> serre plus épaisse et plus isolante, on retient mieux la chaleur.
L’avantage de ces considérations est qu’elles permettent d’orienter les discussions vers un point capital absent des discours mettant en doute le réchauffement climatique d’origine anthropique : la discussion des mécanismes physiques.
Même pour les modèles du climat proprement dits, des intuitions simples, proches des gens, auraient peut-être eu plus d’impact dans le débat. A la base les modèles de climat sont des études des flux de chaleur au niveau global, le flux majeur entrant est le flux solaire, qu’il s’agit d’estimer le flux sortant et les stocks. C’est ça le fameux “bilan radiatif”. Et on peut donner des explications climatiques simples même à ce niveau sans modèle compliqué : par exemple, la différence de température entre l’été et l’hiver est essentiellement due au fait que le flux de chaleur d’origine solaire entrant est plus important en été du fait de l’inclinaison de l’axe terrestre. Et du même coup, tout le monde peut en déduire ce qui peut se passer en première approximation si on diminue le flux sortant en injectant du gaz à effet de serre dans l’atmosphère . Bien sûr, les modèles sont beaucoup plus complexes que ça, mais l’exemple été/hiver est aussi une illustration idéale et compréhensible par tous de ce à quoi peut ressembler un modèle climatique sur la base physique, qu’un modèle très simple n’est pas tout faux et que l’échelle du temps de la météo n’est pas celle de la climatologie !
Bien sûr, il faut ensuite montrer les variation de températures, de concentration de CO2 assez rapidement, mais faire plus que ça, c’est trop technique, trop compliqué, c’est risquer de perdre le public. Je pense sincèrement qu’on ne peut pas vraiment aller plus loin sur un plateau de TV, et trop souvent, il me semble que les climatologues ont commencé par la fin alors qu’un simple discours martelant les idées de base serait plus efficace selon moi.
Cela étant dit, l’autre point qui a gravement péché dans ces débats sur le climat me paraît être le troisième homme, l’organisateur du débat, à savoir les émissions de débat ou d’information elles-mêmes. Les journalistes m’ont paru bien trop souvent s’abriter un peu facilement soit derrière une incompétence scientifique presque revendiquée, soit derrière la complexité invulgarisable du discours technique. Pourtant, particulièrement lorsque les discours sont simples, n’y aurait-il pas un moyen aussi de faire des vérifications simples ?
Quand V. Courtillot parle sur toutes les ondes du Groenland vert, est-ce si difficile de faire comme mon collègue ICE et son commentateur Holly Days pour questionner les affirmations du style “la banquise en fondant révèle les Eglises vikings” ? Et il y a besoin d’avoir un doctorat quelconque pour savoir et expliquer que corrélation, même spectaculaire, n’est pas causalité, et que c’est même la plupart du temps très trompeur ? N’oubliez jamais par exemple que si les tâches solaires sont corrélées à une fluctuation de température, elles sont aussi corrélées à la proportion de Républicains dans le Sénat américain comme le prouve la figure ci-contre (source : RealClimate) qui valent bien des tendances bruitées redressées à la main par certains climato-sceptiques …
On est en droit à mon avis de demander aux journalistes de jouer la mouche du coche et de faire la distinction pour le grand public entre vessies et lanternes scientifiques justement parce que les arguments, de plus en plus naturellement, resteront simples dans ces débats qui relèvent plus de la communication au grand public [1].
[1] Pas directement relié, mais l’épisode relaté un peu partout des sites en lignes subventionnés parce que les journalistes feraient, eux, du “fact checking” sérieux m’a d’autant plus mis en colère dans le contexte de ce débat scientifique, particulièrement quand on a vu le massacre du sujet fait par rue 89 ainsi que je l’exprimais un peu en colère chez narvic.


janvier 12th, 2010 at 9:14
“Il me semble qu’il a manqué une bonne image d’Epinal, un retour aux fondamentaux pour convaincre. [...] alors qu’un simple discours martelant les idées de base serait plus efficace selon moi”
Euh, alors là je ne comprends plus. Des images d’Epinal et du “martelage d’idées de base”‘, n’y en a-t-il pas eu à profusion justement (les inévitables images d’effondrement de pans de glaciers dans l’Océan, le pauvre ours blanc sur son petit glaçon, Madame Météo sur France 1 ou TF2 qui dès qu’il faisait un peu chaud nous disait “c’est sûrement le réchauffement climatique”, Rocard et son trou-dans-la-couche-d’ozone-à-cause-duquel-nos-enfants-vont-tous-griller-sur-une-poële-à-frire (sic), Hulot, Al Gore…) ? Jusqu’à plus soif ? Là où les sceptiques (certains en tous cas, quand ils sont dans l’étymologie de skeptikos : celui qui observe, réfléchit) sont intéressants, c’est quand ils portent la controverse sur la construction des séries de données, bref sur le discours de la méthode. Les gens en on peut-être marre des images d’Epinal et de l’entreprise de culpabilisation sous jacente : ils veulent comprendre.
janvier 12th, 2010 at 2:04
La communication des scientifique me semble poser des difficultés fondamentales cela dit (sans revenir sur les idées intéressante de ton article). Le côté communication/glamour/politique de la télévision peut, souvent je le crains, finir en malhonnêteté. Je suis personnellement de plus en plus tenant de la vision de Feynman qu’en tant que scientifique il faut faire attention à ne jamais compromettre cette honnêté qui est centrale au travail. Il faut être un excellent vulgarisateur (et Dieu sait comme il s’agit d’une activité délicate), avoir de la prestance et de la répartie, en plus de ça réussir à tenir dans le format (ce qui est souvent difficile, tant les interventions sont courtes (même pour un débat, les répliques de plus de deux minutes sont le plus souvent à proscrire).
Par ailleurs, il me semble avoir compris en lisant des trucs de psychologies (mais c’est de l’information de seconde main, et une main tremblante tant je suis incompétent en la matière – en plus c’est quelque chose sur lequel je suis tombé par hasard il y a quelques mois et sur lequel je n’ai passé que quelques heures, c’est dire la fraicheur) que les trucs genre théorie du complot (caractère que revêt certainement les histoires des “anti-réchauffement”) sont un moyen classique de résoudre certaines contradictions internes (appelées “dissonnances cognitives”). Ce qui me laisserait penser qu’il y aura toujours du succès et de l’espace médiatique pour les gens qui s’en réclament (que ce soit par conviction ou par opportunité). D’ailleurs, globalement, c’est la vision “réchauffement climatique dû à l’action de l’homme” qui semble largement dominer dans l’opinion publique. Donc en un sens, les climatologue ont tout de même gagnés.
Cela dit, j’aimerais bien que l’opinion publique (et en particulier les journalistes) soient un peu plus informée sur l’activité scientifique. Mais le seul lieu, il me semble, où on peut faire quelque chose de sérieux à ce sujet, c’est le Lycée. Et vu les enjeux politiques derrière l’organisation et les programmes de l’enseignement secondaire (ainsi que primaire d’ailleurs), on est pas près d’y voir quelque chose d’intéressant à mon avis.
janvier 12th, 2010 at 2:52
Ce n’est pas ce genre d’images d’Epinal qui marcherait à mon avis (d’ailleurs, cela ne marche plus), comme je dis dans le papier, il faut revenir aux fondamentaux, à des images d’Epinal de la science de base : l’effet de serre. Le pauvre ours blanc sur le glaçon, on ne sait pas pourquoi il y est, c’est de l’anecdote sur les conséquences; les glaciers qui s’effondrent, c’est peut-être juste parce que l’été approche, tout ça n’est pas très convaincant. Un truc du même genre beaucoup plus parlant serait plutôt des données sur les périodes de floraison de plus en plus précoce, sur les domaines d’existence de certaines espèces animales et végétales qui avancent vitesse grand V vers le Nord …. Et surtout, à un moment, revenir à la physique : on voit bien que même Rocard n’y comprend rien à l’effet de serre, quand on écoute ou lit certaines personnes, on a vraiment le sentiment qu’is croient parfois que les scientifiques ont décidé arbitrairement que le CO2 était dangereux juste pour embêter la population…
janvier 12th, 2010 at 3:06
Je pense qu’on peut être glamour, rapide et dans le vrai. Le commentaire de Jean-Michel m’a fait réaliser qu’effectivement il y a deux types d’images d’Epinal et que certaines sont plus vraies et factuelles que d’autres.
Je ne sais pas si c’est vrai que les climatologues ont vraiment gagné la bataille de l’opinion. Je pense que la majeure partie des gens s’en fout tant qu’elle n’a pas de taxe carbone à payer, mais cela ne va pas durer. Et quand on va à la FNAC rayon vulgarisation scientifique, les livres d’Allègre (et des Bogdanoff d’ailleurs) sont en tête de gondole…
D’accord avec toi sur l’information scientifique, mais on ne peut pas tout attendre du Lycée je pense, c’est aux scientifiques, aux blogueurs et aussi aux journalistes de bosser dans ce sens aussi je pense.
janvier 12th, 2010 at 3:15
Tiens, sur la proportion de gens croyant au réchauffement, voir le dernier billet d’ICE :
http://iceblog.over-blog.com/article-26689476-6.html#comment54450415
Et encore, on parle là de lecteurs du Figaro sur Internet, dont on peut malgré tout penser qu’il s’agit d’une certaine “élite” bien informée.
janvier 12th, 2010 at 3:30
Salut
Je ne me prononce pas sur ce qui se passe sur le climat, mais sur la grippe A, les scientifiques sont descendus dans l’arene et on a vu le résultat catastrophique :
1) Les gens ne se sont pas fait vacciner (10% de la population seulement). Alors que rationellement c’était pourtant du bon sens que de le faire.
2) Contrairement aux prévisions des experts, malgré un taux de vaccination tres bas, la pandémie a été tres peu virulente : 30 fois moins de mort que pour la grippe saisonière en France.
Soyons clair, les experts se sont complètement plantés (se n’est pas une critique c’est un constat). Et j’en ai pas vu beaucoup s’amender laissant la ministre de la santé se démerder seule avec ses millions de vaccins alors que les pouvoirs publics n’avaient fait que suivre les recommendations des agences de santés… Un flop pareil va laisser des traces, et va hanter pendant longtemps le débat public sur les questions de santé et de maladies emergentes…
Alors descendre ou pas dans l’arene, j’émet des réserves, je ne suis pas convaincu que c’est la solution…
A+
J
janvier 12th, 2010 at 3:57
Enfin bon, l’épidémiologie, ce n’est pas exactement la même chose que le climat. La pandémie de 1918 a été précédée d’un épisode similaire de grippe A : vacciner c’est aussi diminuer la proba d’une recombinaison avec un virus plus virulent qui aurait été beaucoup plus mortel. Peut-être qu’il fallait le dire tout net : on ne se vaccinait pas forcément pour se protéger soi, mais aussi pour protéger les autres et empêcher l’émergence d’un virus plus grave, c’était par exemple la position affichée par certains virologistes dans Nature. On se vaccinait aussi pour ne pas saturer l’hopital : il y a eu quand même pas mal d’hospitalisation d’urgence et pas mal de complications il me semble, qui auraient pu être beaucoup plus mortelles si tout le monde avait été malade en même temps. Je pense qu’il y a quand même un effet assez non linéaire…
Sinon, je suis sûr que les 200 morts de la grippe A auraient préféré être vaccinés. Et on ne sait pas combien on aurait eu de morts sans vaccination : si 1000 bébés étaient morts, cela ne valait pas le coup de diminuer à 200 ?
Sur Bachelot : au Québec, 57% de la population a été vaccinée. Il y a donc clairement eu des problèmes d’organisation entièrement imputables aux pouvoirs politiques en France.
janvier 12th, 2010 at 4:10
Dans le domaine de la communication scientifique auprès du grand public, il y a surement un problème de culture générale scientifique dans la population, y compris chez les journalistes, dont la formation de base est majoritairement “littéraire” (droit, économie et histoire).
Il existe dans la culture scientifique d’aujourd’hui quelques notions “difficiles” qui ne sont pas “passées” dans la population. La question des corrélations en est un excellent exemple. Mais on rencontre la même difficulté dès qu’on aborde toute notion complexe, tout ce qui relève des phénomènes d’interaction et de rétroaction (masses critiques, émergences, effets de seuil, effets de réseau…) par exemple, sans parler des notions de relativité en physique ou de complétude en mathématiques…
La culture scientifique des littéraires aujourd’hui reste éminemment cartésienne dans sa logique et euclidienne dans sa représentation. Elle a des difficultés à appréhender la nature complexe de sciences de la complexité par excellence que sont l’écologie scientifique ou la climatologie.
Par le biais des sciences douces (comme dit Michel Serres, par opposition aux sciences dures) des notions de complexité s’introduisent peu à peu dans des disciplines de “tradition” littéraire, comme la psychologie ou l’histoire (notamment l’histoire des longues durées, l’histoire du climat par exemple qui n’est plus toute jeune…). Les philosophes ne sont pas désarmés non plus, car ils disposent depuis longtemps d’outils intellectuels “post-cartésien”, comme la notion de dialectique, par exemple. Mais le moins que l’on puisse dire, c’est que cette notion de dialectique est tout de même généralement peu comprise dans la population.
Il me semble que cette question de culture générale est une question qui relève des pédagogues et d’une réflexion sur la nature même de ce qu’il convient d’enseigner, notamment au lycée…
janvier 12th, 2010 at 4:15
Il y a une chose que j’entends beaucoup, même chez des non-sceptiques (et même dans une pub) : après tout quand on respire, on rejette bien du CO2…
Il faudrait aussi une image d’épinal pour expliquer que c’est l’extraction d’énergies fossiles qui augmente la concentration de CO2 de l’atmosphère, pas l’activité biologique des êtres vivants, avec laquelle le carbone fait un cycle relativement court.
janvier 12th, 2010 at 4:36
salut TOm
sur les images d’épinal, effectivement les ours polaires, les icebergs à la dérive et autres plaines africaines craquelées de sécheresse, c’est pas terrible, et ca me semble même quasiment être devenu contre-productif: les gens saturent. Ca fonctionne sur l’émotionnel, et comme disait H. Le treut (via le blog de S.Huet), “L’important, [...] c’est d’arriver à tenir des discours calmes, argumentés le plus au fond, ne pas exagérer et viser la durée. C’est comme cela qu’on arrivera à convaincre. Il y a une prise de conscience, mais pas nécessairement articulée sur une compréhension forte des enjeux, elle reste ancrée sur des choses superficielles et donc demeure réversible.» C’est réversible, je suis complètement d’accord.
En même temps, des images fortes ‘rationnelles’ (par opposition à l’ours polaires), c’est pas évident. Comme tu dis, côté sceptique, il faut dire que l’argument du Groenland est très bon de ce point de vue là: en 2 mots, il fait appel à toute une chaîne de raisonnement qui semble logique et à même de remettre en cause beaucoup de chose….
L”analogie de la serre, il faut s’en méfier: rigoureusement, elle est fausse – les sceptiques faisant semblant de ne pas le comprendre pour pouvoir dire que l’effet de serre ca n’existe pas /c’est faux (enfin, pour les moins crétins d’entre d’eux… certains croient VRAIMENT que l’effet de serre ca n’existe pas…).
Il me semble que Jouzel avait un peu ce discours ‘Epinal’ sur les plateaux à une époque: il disait souvent face à Allègre, “mais, qd même, on ne peut pas accumuler de la chaleur dans les basses couches de l’atmosphère et croire qu’il ne va rien se passer !” ou qqch comme ca.
Niveau débat, c’est vrai que Jouzel est moins bon que Courtillot. Qui disait que dans la communication humaine, 90 % du message est non-dit/corporel/subliminal etc… ? A ce jeu-là, Courtillot fait effectivement meilleure impression. Même au niveau du discours. Mais bon personne n’est prêt ici (temps, volonté…) à prendre la place de Jouzel dans la relation aux médias. Faut dire aussi que ca n’est pas une histoire d’argumentation scientifique, mais de rhétorique un peu ping-pong (genre “le consensus, ca ne prouve jamais rien” – que répondre en 2 mots ?) dans laquelle il faut quasiment déjà avoir les réponses toutes prêtes à chaque pseudo-argument, être au courant des derniers papiers prétendument sceptiques brandis par la communauté sceptique, soit qu’ils en distordent le sens/la portée, ou qu’ils aient depuis été réfutés (ex, le dernier papier de lindzen).
Mais bon, plus généralement, je suis pas sûr que qd la science arrive ainsi aux abords de la politique, des croyances personnelles, voire du religieux, la plus ou moins grande efficacité/qualité de la vulgarisation scientifique soit le facteur déterminant dans le fait de convaincre ou non les gens: par exmple, comme disait ( a peu près) un intervenant dans le débat sur le ClimateGate au MIT dont je parlais dans un post, ” environ 30-40% des adultes américains ne croient pas que l’homme soient le produit de l’évolution naturelle [...] il est évident que ce n’est pas en améliorant la science qu’on va réduire ce pourcentage”. C’est un peu fataliste/pessimiste OK, mais assez vrai, non ? De même, du coup, j’ai tendance à penser que qd le climat devient qqch de “mainstream” sur lequel embrayent les médias, les politiques, le monde du spectacle, etc…, et que ca débouche sur des conséquences économiques/sociales, concrètes, et adverses (type taxe carbone, marché Co2, etc..), un certains nombre de gens ne peuvent simplement plus être convaincus ( les lecteurs du Figaro partent avec un gros handicap, c’est vrai…
)
Bon ca n’est pas raison pour laisser dire n’importe quoi, c’est vrai.
Bien d’accord sur le rôle ds journalistes, sinon.
janvier 12th, 2010 at 5:26
Les commentateurs du figaro.fr ne sont pas trop représentatifs de la population – ni des lecteurs du Figaro. Il n’est pas du tout impossible que les sceptiques, conspirationnistes et autres gens paumé dans leur délire (ce qui n’empêche pas d’être intelligent et bien informé par ailleurs) soient énormément surreprésentez dans les gens qui participent à ce genre de sondagillon.
Et puis, vois comment la question est posée aussi…
Enfin c’est pas un chiffre qui signifie grand chose à mon avis. Mais effectivement la question peut se poser. Mais finalement, les politiciens sont convaincu qu’il faut avoir l’air écolo pour se faire élire. Finalement, c’est ça qui est important, non ? (bon après, si on avait un discours un peu moins délirant ce serait plus mieux, mais la taxe carbone ce sera déjà un début).
janvier 13th, 2010 at 12:24
Les images d’Épinal, ou des explications très simples sur les données et les méthodes d’obtention, peuvent réduire aussi la sacro-sainte image du scientifique omniscient (“c’est comme ça parce que les scientifique l’on dit”). Déplacer le point d’attention médiatique des personnes vers les données ne peut que faire du bien au débat (“c’est comme ça parce que les données le disent”). Malheureusement, ceci semble presque impossible aujourd’hui : il faut des stars.
janvier 13th, 2010 at 3:02
[...] This post was mentioned on Twitter by narvic, SciencesEtDémocratie, Bibliothèques UBO, Nicolas LOUBET, Tom Roud and others. Tom Roud said: Communication scientifique : je pense qu'il faut revenir davantage à la science fondamentale http://bit.ly/5a5Lts [...]
janvier 13th, 2010 at 5:35
C’est un peu la quadrature du cercle… et en plus, une quadrature mouvante. Effectivement, il faudrait revenir à la base et expliquer les fondamentaux de l’effet de serre… sauf qu’en communication scientifique, en vulgarisation scientifique et en journalisme scientifique, expliquer “les bases”, en général, ça ne fonctionne pas. Dans un article journalistique, dans un communiqué de presse, dans une interview télévisée, dans un documentaire télé, et même dans une conférence, le lecteur non-initié veut d’abord quelque chose de neuf, d’inédit. C’est pourquoi les ours polaires, ça a fonctionné, pendant un certain laps de temps.
Ou bien, on veut “en quoi cela me touche-t-il”, bref, du concret, mais ça, ce fut de tout temps l’argument mortel pour la problématique du réchauffement climatique, compte tenu du (très) long terme qui est en cause.
C’est désespérant, je sais. Ajoutez à cela la propension d’une bonne partie du public à s’attacher spontanément au “rebelle”, à l’individu qui donne l’illusion de défendre courageusement une position minoritaire. Si en plus, cet individu le fait avec des arguments qui semblent convaincants, il devient une valeur sûre, en terme de relations publiques, et c’est (pour l’instant) un gros atout dans la manche de votre Courtillot.
janvier 13th, 2010 at 5:59
Je n’ai pas grand chose à ajouter, tout à fait d’accord.
Pour la réflexion publique, il faut aussi bien constater que du coup on a un peu le problème de la poule et de l’oeuf : comme les journalistes et les politiques n’ont pas cette culture et ne réalisent pas le problème rien ne bouge (alors que quand on touche à la moindre matière littéraire au lycée on a pétition et indignation sur le mode “l’Etat fabrique des crétins barbares”). Encore peut-être un domaine où les blogueurs peuvent faire émerger le problème, rien qu’en le pointant.
janvier 13th, 2010 at 6:04
Je ne sais pas, j’ai quand même l’impression que comme les bases ne sont pas là, sur le long terme, non seulement on n’a pas trop le choix, mais c’est la démarche la plus rationnelle. Après, comme dit ICE plus haut, il y aura toujours des gens imperméables de toutes façons.
Comment se passe le débat au niveau québecois ?
janvier 13th, 2010 at 5:06
Bonjour,
oui les journalistes sont issus pour la plupart de filières littéraires qui sont largement majoritaires et c’est dommage. Mais il existe très peu de formations au journalisme scientifique et les scientifiques eux-même ne sont pas très attirés par les métiers d’écriture… Pour ma part, journaliste scientifique ayant bifurqué après des études de sciences de la Terre, je lis avec intérêt vos remarques.
Le thème du réchauffement climatique est pour moi un peu à part. Il touche tout le monde et tous les médias se font un devoir d’en parler. Des films entiers lui sont même consacrés. La question à mon avis essentielle sur laquelle à l’heure d’aujourd’hui il est difficile de communiquer, se pose en terme d’échelle de temps. Le RC doit être appréhendé sur le long terme. Les journalistes, les médias et la majorités des gens sont dans le court (voire très court) terme. Les pratiques des journalistes elles-mêmes ont changé avec le web et l’arrivée plus récente des sites de microblogging. On est dans le flux, dans l’actualité immédiate. Pourtant à mon avis, le problème du RC ne peut pas se traiter de cette manière. La science est rarement dans l’immédiat et c’est tout le paradoxe. Comment convaincre la population qu’il y a bel et bien un RC quand on assiste à de telles vagues de froid qui suscitent immédiatement des commentaires sceptiques à propos du « probable réchauffement » ? J’ai l’impression que tant que le RC n’est pas palpable, il n’entrera pas dans l’esprit des gens qui seront prompts à le déconsidérer. Je ne sais pas si revenir au fondamentaux, qui est une démarche essentielle, pourra changer quelque chose car à partir du moment où il s’agit de science, le journaliste perd un nombre incroyable de lecteurs (en France). Il suffit de prendre les magazines de vulgarisation scientifique. Par qui sont-ils lus ? Majoritairement des scientifiques… Je parle du papier parce que c’est le domaine que je connais le plus, mais est-ce qu’une émission télévisée a plus d’impact sur le long terme? À voir.
Un autre tout petit commentaire… La science est un domaine de débats. Il est toujours intéressant du point de vue épistémologique qu’un scientifique remette des travaux en questions et (se) pose des questions, ou change d’angle. Le RC n’est pas le seul domaine qui suscite ce type de passions « pour ou contre » mais il est très médiatique. Pour autant, je ne suis pas sure que les gens aient besoin d’un Vincent Courtillot pour remettre le RC en question.
janvier 13th, 2010 at 5:34
Ah, qu’on n’ait pas le choix, et que ce soit la démarche la plus rationnelle, je te donne entièrement raison. Mais ça implique alors que le travail de vulgarisation soit un travail à très long terme. Ce qui peut être un tantinet décourageant, parce qu’à court terme, on a vraiment l’impression de piétiner. Et la culture CNN-blogue-twitter amplifie le problème.
Je crois personnellement que dans 20 ans ou 50 ans, le citoyen moyen en saura beaucoup plus sur les GES et le rôle du CO2, que le citoyen moyen d’aujourd’hui. Mais dans l’intervalle, on fait quoi? Pour ceux et celles qui “décrochent” dès qu’ils ont l’impression qu’on leur donne un cours de science, et pour tous ceux et celles qui tendent l’oreille aux Courtillot et autres sceptiques, parfois un cours sur “la base” est porteur, mais le plus souvent, ils ne tendront hélas l’oreille que si on leur offre quelque chose de nouveau, d’inédit. Jadis, les ours polaires, aujourd’hui… ?
janvier 13th, 2010 at 7:38
Est ce qu’on n’est pas finalement piégé par le style de discours “la science est un domaine de débat”, qui revient pour le grand public à affirmer qu’en fait on n’est sûr de rien, et que l’opinion de Courtillot (par exemple) est aussi valable qu’une autre , un peu comme si on se situait dans une controverse philosophique ou rien n’empêche finalement de croire ce qu’on a envie de croire?
J’ai parfois l’impression qu’une part du problème est qu’on se refuse à assumer le fait que la science c’est aussi (et surtout..) une somme énorme de connaissances qu’on n’a aucune raison de remettre en question ?
janvier 13th, 2010 at 9:02
Les outils type blogs fournissent un compromis entre l’immédiateté des médias et le besoin de temps de la science. À publier deux ou trois articles par semaine, on peut faire passer des news scientifiques et prendre son temps pour rédiger des billets beaucoup plus profonds. Qui plus est, les blogueurs s’approprient le micro-blogging.
janvier 13th, 2010 at 10:21
Assez d’accord avec ça. En plus, ce n’est pas parce que certains scientifiques veulent débattre qu’il y a effectivement un débat scientifique. A dire vrai, dire qu’il y a débat, c’est parfois même un premier recul : les créationnistes essaient aussi de faire croire qu’il y a débat en mettant en avant quelques scientifiques iconoclases.
janvier 13th, 2010 at 10:44
Un très bon synoptique !
http://s3.amazonaws.com/infobeautiful/climate_skeptics_960.gif
janvier 14th, 2010 at 1:11
En me faisant l’avocate du diable, je pourrais dire qu’il n’y avait aucune raison de remettre la position de la Terre en question (et pourtant la somme de connaissances acquises était énorme). Est-ce que cela veut dire qu’il ne faut pas se poser de questions? Et si un grand nombre de scientifiques admet une certaine thèse, c’est qu’elle est forcément valable ?
Sans comparaison avec ce qui se passe autour du RC, l’histoire des sciences a déjà montré que toute une communauté scientifique pouvait se tromper (je pense à Wegener, simple météorologue qui osait se mêler de dérive des continents… ) Ce n’est pas négatif de débattre, cela permet aussi de progresser.
janvier 14th, 2010 at 1:48
Sur l’histoire des sciences, comme dirait Sagan “They laughed at Columbus, they laughed at Galileo, But they also laughed at Bozo the Clown”. Cela veut bien dire que tout débat ne fait pas avancer la science en soi. Dans un autre domaine, certains gens très brillants comme Maurice Allais remettent en cause la relativité restreinte, qui se vérifie quotidiennement expérimentalement.
En fait, le critère majeur à mon avis est dans la “charge de la preuve”, dans l’apport d’une proposition alternative. C’est très bien d’essayer d’engager le débatm mais il faut le faire bien et être convaincant. Pour revenir sur Courtillot, il ne fait que critiquer de façon assez vasouilleuse, va chercher des corrélations qui ne prouvent rien (des corrélations à elles seules ne prouvent jamais rien de toutes façons), et qui dépendent du rescaling (ça c’est plus grave). Bref, rien de convaincant. Ce qui fait la différence entre Einstein et un hypothétique physicien amateur du début du XXième siècle convaincu que l’Ether n’existe pas, c’est qu’ Einstein a proposé une solution qui dépasse et résout l’anomalie scientifique. Anomalie scientifique qui n’existe pas (encore en tous cas) dans la science du climat, vu que ça fait plus de 100 ans que des climatologues prédisent un réchauffement dû au CO2.
Une note pour finir : il y a aussi du quantitatif, des nombres, des modèles derrière. Et ça c’est très important, car c’est ce qui a permis aux climatologues de se rendre compte que le réchauffement actuel était beaucoup trop important compte-tenu des paramètres naturels (type quantité de chaleur reçue par la Terre) pour que ça soit naturel.
janvier 14th, 2010 at 1:02
@gayané
dans les exemples que tu cites, la discussion était quand même limitée au milieu scientifique (je ne crois pas que la dérive des continents ait passionné les foules à l’époque ?) ou religieux (milieu sans doute très instruit à l’époque). Actuellement le problème est que tout un chacun se croit autorisé à avoir un avis très tranché sur des questions fort complexes.
Et je ne vois pas en quoi ce débat fait progresser les choses, au contraire beaucoup de temps et d’énergie sont dépensés en pure perte, des idées complètement farfelues se répandent à force d’être répétées partout…
Et c’est un peu énervant de retrouver toujours les mêmes exemples de “révolutions scientifiques”: on a énormément progressé depuis Galilée et Wegener, l’état des connaissances n’a plus de commune mesure et on peut même se demander s’il reste des découvertes de cette ampleur à faire (on n’imagine pas aujourd’hui une avancée comme la découverte de l’électron, et ce n’est pas bien vieux…).
janvier 14th, 2010 at 4:09
Sur le sujet, lire ce billet “Est-ce que quand je respire je pollue ?” du blog “Parlez-vous chimie” qui reprend votre exemple de la respiration et du CO2…
http://lumiere.ens.fr/traces/2009/11/est-ce-que-lorsque-je-respire-je-pollue.html
janvier 15th, 2010 at 1:07
@ Tom Roud
Je suis tout à fait d’accord avec “la charge de preuve” qui reste à mon avis un élément essentiel dans toute démarche scientifique.
@AubeMort
Dire que c’est “en pure perte”, je ne crois pas. Évidemment quand je parle de débat, c’est d’un débat modéré (par un modérateur ou médiateur) et là on en revient à la questions du rôle des journalistes… Pour ce qui est de passionner les foules, les moyens de communications et leur rapidité n’étaient pas les mêmes. Les citoyens n’avaient pas accès comme ça aux questions scientifiques!
janvier 15th, 2010 at 7:56
Bonjour,
Je découvre ce blog grâce à Ice. Je sais c’est une honte mais faut bien commencer.
J’ai trouvé l’article fort bien construit et je suis en gros d’accord et même en fait en quasi totalité.
Je connais bien le milieu et je fais assez souvent des conférences sur le sujet et j’ai enseigné ça pendant 20 ans. Assez pour savoir qu’effectivement il faut un discours simple:
1 la concentration en CO2 augmente et augmentera
2 l’effet de serre, c’est l’isolation de la planète
3 Augmenter l’isolation, c’est mettre un pull de plus: on sait qu’on aura plus chaud , on sait pas forcément si ça ira vite ou pas ni si on finira par avoir trop chaud
Ce discours là est fort bien compris mais le truc des sceptiques , c’est d’essayer par tous les moyens de nous entraîner en dehors de ce schéma en pinaillant sur des questions de détails qui n’ont finalement pas beaucoup plus d’importance que la couleur du pull.
En réalité pour qu’on n’ait pas plus chaud, il faudrait un thermostat et c’est là qu’est la seule vraie question intéressante en dehors des cercles ultra spécialisés qui doivent évidemment pinailler sur chaque donnée.
Le pb est qu’il est très difficile de rester sur ces positions, particulièrement dans un débat parce que votre interlocuteur vous entraîne forcément en dehors de ce terrain là. Ensuite, on rentre forcément dans le domaine des choses beaucoup plus complexes et on noie l’auditoire et ça, c’est déjà une victoire pour les sceptiques puisque ça permet au brave pékin de mettre tout le monde dans le même sac.
Et en effet, les journalistes ont une responsabilité écrasante. Ils la revendiquent (contre le net en particulier) mais le plus souvent ce qu’ils font, c’est commenter un match de boxe.
Du coup, j’ai qq doutes aussi quant à leur capacité à commenter la politique ou l’économie.
janvier 18th, 2010 at 5:02
Sirius
Comparer l’effet de serre du CO2 à un pull, c’est enfiler un pull à trous à la planète, et tu pourras lui enfiler autant de pulls à trous que tu veux, si les trous sont au même endroit, la planète ne se réchauffera pas; comme quoi , les discours simples ou les images d’Epinal, c’est pas toujours la panacée
janvier 19th, 2010 at 1:08
Je ne sais pas si les images d’Epinal ne sont pas la panacée, mais ce que je dirais, c’est que vulgariser, c’est essayer de traduire en langage courant, et comme le veut l’adage, traduire, c’est trahir. A moins d’aller expliquer les maths (ce que personne ne veut faire), on est bien obligé d’utiliser des images plus ou moins bonnes. De toutes façons, mêmes les modèles sont plus ou moins précis (cf l’exemple que je donne dans le corps du texte pour l’été), cela ne veut pas dire qu’ils sont faux, mais simplement que la quantité d’information qu’ils transportent est plus ou moins élevée. C’est une idée qu’il faut, je pense, essayer de vulgariser auprès du grand public qui a une image assez binaire des choses. C’est aussi pour cela que les propos d’un Galam disant des trucs du genre “90% de certitudes, c’est 0% de preuves” citant Feynmann me paraissaient à côté de la plaque.
janvier 19th, 2010 at 5:51
La communication est toujours un exercice dans lequel il est beaucoup plus facile de demolir que de construire.
En l’occurrence, le contre argument n’est pas bon mais comme de coutume il faut entrer davantage dans le detail pour expliquer pourquoi. C’est la qu’est le vrai pb.
Il me semble que zizou a peut etre mal compris le processus physique. Peu importe la repartition spectrale de l’absorption: l’augmentation de CO2 augmente l’isolation de toute maniere et c’est ca qui compte.
janvier 21st, 2010 at 3:25
http://www.nature.com/nature/journal/v463/n7279/full/463269a.html
février 8th, 2010 at 7:29
> plus de CO2 -> serre plus épaisse et plus isolante, on retient mieux la chaleur.
Justement, tu n’aurais pas un petit article à m’indiquer montrant que la concentration en gaz est corrélée de manière linéaire à la rétention de la chaleur ? J’ai souvent vu l’argument chez certains sceptiques mais je n’ai pas su trouver un article montrant la validité de l’une ou l’autre des hypothèses.
février 9th, 2010 at 4:04
J’ai une courbe d’un site sceptique sous la main (dans un bel effort de tirage de balle dans le pied climato-sceptique) qui le montre et qui doit venir du rapport du GIEC. Je vais essayer de me renseigner …
février 12th, 2010 at 5:37
J’ai repensé à ce billet (en fait au précis de scepticisme online publié sur le blog Darwin2009, mais comme ce blog est abandonné, autant poster ici) en regardant cette vidéo TED : http://dotsub.com/view/9901c474-64d9-49e6-b0c4-bb5bbf3bc472
Elle semble défendre son hypothèse du “singe aquatique” avec les mêmes arguments que les “septiques” : effet Galilée, etc.
Je ne sais pas si ce que dit cette dame est juste ou pas, mais sa façon d’argumenter l’a déservit dans mon opinion, et ce à cause de ce billet.
février 14th, 2010 at 12:16
Je crois savoir que l’hypothèse “singe aquatique” est en effet très très controversée (pour dire le moins). Mais je n’en sais pas plus, j’ai juste lu quelques critiques cinglantes; parfois il faut un peu se méfier de certains arguments aussi, certains biologistes prennent leur préjugés pour des réalités scientifiques .
février 28th, 2010 at 2:05
[...] de JM Jancovici (je ne me lasserai pas de le répéter), – le site de Tomroud, je mets un lien vers un des ses derniers articles sur le réchauffement [...]
mars 7th, 2010 at 4:41
[...] tomroud.owni.fr » Blog Archive » De la stratégie de communication pro … [...]
mars 10th, 2010 at 11:49
J’ai remarqué qu’Elaine Morgan n’avait pas mentionné la manière dont les poils sont implantés dans la peau humaine : en l’occurrence, dans le sens de l’écoulement de l’eau lorsqu’un humain nage. C’est particulièrement visible chez les hommes qui ont les épaules et/ou le dos très poilu (et le poil sombre) lorsqu’ils nagent. (Malheureusement, vu l’image très négative que notre société occidentale a des poils, et en particulier des poils dans le dos, ces hommes-là évitent à tout prix de se montrer torse nu… Ça ne facilite pas l’observation.) Or cette implantation des poils n’est pas du tout celle-là chez les chimpanzés, les gorilles ou les orangs-outans (on peut faire une analogie avec les oiseaux : les seuls dont les plumes ont une structure symétrique inadaptée au vol sont précisément ceux qui, par ailleurs, ne peuvent pas voler, par exemple l’autruche).
Pour ma part, j’ignorais que cette hypothèse du singe aquatique fût à ce point controversée. Cela me surprend d’autant plus que Desmond Morris (célèbre zoologue vulgarisateur) la mentionnait déjà à la fin des années 1960 dans son plus célèbre ouvrage, Le Singe Nu.
mars 10th, 2010 at 11:57
Je précise, car je ne suis pas sûr d’avoir été tout fait clair dans ma réaction précédente : dans son livre Le Singe Nu, Desmond Morris ne présentait pas l’hypothèse du singe aquatique comme étant certaine. Il la mentionnait comme étant une hypothèse possible, et plausible. Suffisamment digne d’intérêt pour mériter des recherches plus approfondies (l’argument sur l’implantation des poils, que j’ai mentionné, est de lui, et il se trouve que j’ai pu moi-même vérifier cette observation).
mars 12th, 2010 at 5:25
Encore une fois je ne suis pas spécialiste du sujet, donc je ne peux pas vraiment juger. Cela dit, l’argument des poils pourrait très bien être lié à la bipédie pour X ou Y raisons, non ? Après tout, nous sommes bien les seuls singes nus avec une touffe sur la tête, et c’est probablement lié à cette même bipédie… L’autre remarque, c’est que si les poils étaient liés à la façon dont on nage, ça sentirait très fort une forme de lamarckisme (ou plutôt d’effet Baldwin
), ça ne m’étonne pas que ça ne plaise pas beaucoup