Elections 2012 : votons pour la science

Notre co-blogueuse québecoise Valérie Borde rappelle l’initiative “Je vote pour la science” à l’occasion des élections canadiennes à venir. L’idée est de donner la parole au public pour interpeler les politiques sur des problématiques scientifiques et les amener à s’engager publiquement.

Il me semble absolument indispensable de faire la même chose côté français.


J’ai pour ma part énormément de questions sur lesquelles j’aimerais entendre nos politiques, au-delà des postures théoriques libérales ou étatistes et des fausses bonnes idées concrètes. Il faut de vraies visions d’avenir sur plein de sujets, citons par exemple :

  • la politique énergétique, à relier évidemment au billet précédent. Il me paraît crucial et indispensable d’entendre des plans et chiffrages précis là-dessus; sans énergie, il n’y a pas d’avenir possible.
  • la politique d’innovation scientifique. Quels seront les TGV et Airbus de demain ? Pourquoi n’a-t-on pas été foutu de créer l’équivalent d’un Google ou d’un Microsoft en France ? A-t-on raté le train des biotechnologies ? Faut-il se concentrer sur un petit nombre de sous-disciplines ou chercher massivement dans toutes les directions, à la Vannevar Bush ?
  • la politique de l’emploi scientifique. Pense-t-on vraiment que la multiplication des contrats de recherche précaires d’un côté et la fossilisation des concours de recrutement de l’autre soient vraiment incitatifs ? Est-on fier de former autant de traders et des commerciaux dans nos grandes écoles scientifiques que le monde entier nous envie ?
  • le rôle exact de l’université, entre enseignement, recherche et moteur d’innovation. Les récentes polémiques sur les Labex ont révélé comment on mélangeait en permanence les objectifs d’aménagement du territoire avec ceux de l’excellence scientifique. J’aimerais que les politiques nous disent exactement quel rôle ils voient pour l’université et quels compromis ils sont prêts à faire (dans le sens de la concentration des moyens de recherche ou dans le sens d’une meilleure répartition des moyens d’enseignement) et qu’ils assument publiquement ces orientations. Comme disait Hugues Serraf il y a déjà 5 ans, on ne pourra pas avoir des Prix Nobel à chaque coin de rue. Quelle vision a-t-on au plus haut niveau ?

D’autres questions scientifiques importantes pour vous ? Des idées pour mettre un peu de science dans le débat politique ?

9 Responses to “Elections 2012 : votons pour la science”

  1. John Says:

    Tres bonne idée.

    >> La place du CNRS et des autres EPSTs : missions, périmètres disciplinaires, autonomie et budget. Et son corrolaire : quid des agences bureaucratiques genre ANR et AERES etc…

    PS : sur la question de l’emploi, le vrai enjeu est quand même quantitatif (privé+public). Tant qu’il y aura si peu d’emploi scientifique les jeunes seront forcé d’accepter n’importequel contrat et les procédures de recrutement seront de + en + contestable.

  2. Martin T Says:

    Bonjour,

    Peut-être que l’association des cafetiers pourrait avoir un vrai rôle “politique”, en lançant collectivement un appel en vue des élections de 2012 ? Qui d’autre sinon ?
    A bientôt

  3. Tom Roud Says:

    Merci pour vos commentaires.
    Le moins qu’on puisse dire c’est que le sujet ne semble pas passionner les foules ;) .
    La question du qui d’autres est intéressante. Quand je vois les US par exemple, il y a beaucoup d’associations savantes très puissantes, par exemple l’AAAS. Ces associations n’hésitent pas à prendre positions sur des débats politico-économiques (du réchauffement climatique au budget de la science). Rien de tel en France à ma connaissance ( en tous cas rien d’aussi puissant), c’est peut-être aussi pour ça qu’on en parle aussi peu.
    (oui, je suis en train de dire qu’on devrait créer une espèce de lobby de la science).

  4. Enro Says:

    En France l’Académie est très puissante, pour le meilleur (euh…) comme pour le pire (!!), et c’est sans doute pour cette raison qu’il n’y a pas de place pour d’autres lobbies de la science (même si SLR a été un gros lobby de la recherche à une époque)…

  5. Roud Says:

    Justement, aux US, les 2 coexistent, Académie et AAAS. SLR était, je dirais, un mouvement de chercheurs plus qu’un mouvement pour la science, et malgré tout assez politisé.

  6. Martin T Says:

    L’association des cafetiers des sciences ne sera sans doute jamais un lobby très puissant, mais je pense qu’on peut être une “force de proposition” tout à fait valable. D’autant plus que nous ne sommes pas que chercheurs, mais aussi étudiants, journalistes, enseignants… Et que par la même nous sommes en mesure d’avoir un certain recul que n’ont pas forcément les chercheurs seuls.
    Partant pour proposer une discussion sur le sujet chez les cafetiers ?

  7. Matières Vivantes » Blog Archive » Bill Gates sur Fukushima et la crise énergétique Says:

    [...] en 2012, votons pour la Science, mais bon je n’ai plus trop d’espoir [...]

  8. Matières Vivantes » Blog Archive » 3%, la règle d’or oubliée de Lisbonne Says:

    [...] On parle souvent de “manque d’attractivité” de la France. Je ne sais pas si les dépenses en R&D en sont une cause ou un symptôme, mais je trouve que c’est un problème sur lequel nos politiques devraient sérieusement se pencher. En 2012, votons pour la Science. [...]

  9. Matières Vivantes » Blog Archive » Votons pour la science : c’ est parti ! Says:

    [...] que Valérie Borde résumait sur son blog. A la suite de cette opération, j’ avais écrit un petit billet souhaitant que la même chose ait lieu en France, créant une catégorie spéciale pour l’ [...]


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