"Je ne crois pas au Big Bang"
Mercredi, juin 3rd, 2009Phrase trouvée au détour d’un article du Monde, qui m’interpelle sur la perception de la science dans notre société.
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Phrase trouvée au détour d’un article du Monde, qui m’interpelle sur la perception de la science dans notre société.
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On a vu dans le billet précédent qu’une marge d’erreur matérielle existait lors d’un vote, et que si cette marge d’erreur matérielle était trop grande, il est impossible d’avoir un résultat fiable lorsque les résultats sont trop serrés. D’où la question suivante dans le cas du PS : à partir de quel degré de fiabilité des résultats peut-on valider le vote ?
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Un cas d’école intéressant : le décompte final des voix socialistes donne 42 voix d’avance à Martine Aubry sur environ 140 000 suffrages exprimés. Faut-il revoter ?
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L’avantage de la “publicité” faite autour du nouveau classement wikio des blogs, c’est qu’on peut maintenant vraiment le critiquer.
Claire Durand, spécialiste des sondages d’opinion, a publié il y a quelques jours un bilan des sondages électoraux de l’élection présidentielle de 2007. Résumé où il apparaît que les leçons de 2002 n’ont pas toutes été retenues …
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Dans le Monde aujourd’hui, une drôle d’étude :
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Bonjour à tous,
je lance un petit appel à la bonne volonté des blogueurs de passage sur ce blog. Je m’intéresse en ce moment aux statistiques des classements des blogs (genre celui de wikio.fr). J’aimerais essayer de voir comment ces classements sont faits et quelle est leur dynamique. Pour cela, j’aurais besoin de quelques données chiffrées sur la fréquentation de plusieurs blogs – wikio se refuse à me donner des informations sur la façon de calculer leur classement. Si ce petit exercice vous intéresse, pourriez-vous m’envoyer vos statistiques de visite (en particulier le nombre de visiteurs par jours), accompagnée le cas échéant de votre classement sur wikio.fr ? Je ne garantis rien quant au résultat, car cela dépendra notamment du nombre de réponses que je recevrai, mais dans tous les cas merci d’avance de votre aide !
J’ai passé toute la campagne à expliquer comment il était évident que les sondages “lissaient” leurs courbes et rabotaient leurs marges d’erreur. Et tout d’un coup, à trois jours du vote, Sarkozy explose son score par le haut. Je suis sans aucun doute un peu partisan, mais je m’interroge.
Sur le fond, je suis très surpris que les sondages actuels soient capables de déterminer les reports de vote des électeurs de Bayrou, Le Pen, Laguiller. Prenons le cas de Le Pen. Il y a 10% d’électeurs de Le Pen, dans la réalité, comme je l’avais signalé il y a quelques jours, moins de 50 personnes par sondage votant Le Pen sont sondées. Si l’on en croit les scores actuels, environ 30 électeurs de Le Pen disent voter Sarkozy. Pas besoin de faire un dessin : la marge d’erreur sur ces reports est de quasiment 20 % ! Un basculement de 20% des voix d’un côté comme de l’autre des électeurs de Le Pen, l’extrême gauche ou de Bayrou ferait basculer le résultat du vote. Comment les sondeurs peuvent-ils faire des prédictions fiables ?
Nous verrons dimanche soir me direz-vous, mais le risque de prophétie auto-réalisatrice est grand. Un peu amer ce matin, je crois que je vais définitivement militer pour l’interdiction pure et simple des sondages.
Ajout 5 Mai : Et le dernier sondage IPSOS donne Sarkozy à 55%. C’est le plus haut score donné à Sarkozy depuis le début du baromètre quotidien. Ce n’est pas crédible de donner un tel chifffre juste à la fin de la campagne. D’autant plus que pour ce baromètre quotidien, IPSOS a changé sa méthodologie sur le dernier sondage en réalisant un sondage “classique” sur 922 personnes. Quelle rigueur scientifique !
“Plus d’un téléspectateur sur deux du débat (53%) de mercredi soir a jugé le candidat UMP «le plus convaincant», contre 31% pour Ségolène Royal.”
Ce qui est amusant est la corrélation de cette opinion avec la phrase suivante :
“Au final, les sondés sont 52% (+4) à souhaiter la victoire de Nicolas Sarkozy à l’issue de ce débat, et 37% (+1) de plus à vouloir celle de son adversaire socialiste.”
Avant le vote, la proportion était de 48%/36%. Quand l’échantillon de départ est pro-Sarkozy à la base, il estime Sarkozy le plus convaincant. Rien que de très normal. Autant dire que les lignes n’ont pas bougé, et que chacun a vu midi à sa porte. Pourtant, à n’en pas douter, ce sondage sera exploité politiquement…
[Notons aussi que ce sondage prétend être fait sur un échantillon représentatif. Mais cette enquête est faite sur internet. Les électeurs ayant une connection internet peuvent-ils être par nature représentatifs ? ]
Livrons-nous donc à un petit jeu d’arithmétique électorale, tout d’abord sur les trois derniers instituts, qui vont permettre de comprendre le problème du sondage IFOP. A l’heure actuelle, et selon les différents instituts, sur Royal se reportent 13 à 19% des électeurs de Le Pen, 39 à 46% des électeurs de Bayrou. Cela lui donnerait un score de base entre 34.5% et 36.4% des suffrages du premier tour. A cela s’ajoutent les “réserves” à gauche, oscillant entre environ 7% selon IPSOS et environ 10% si les reports de voix se font bien. D’où un score de Royal entre 41.5% et 46.4% en fonction des sondages actuels.
Sur Sarkozy se reportent pour l’instant entre 60% et 65% des électeurs FN, et entre 25 et 39% des électeurs de Bayrou. Cela lui donne un score de base entre 42.1% et 45.2%. A cela s’ajoute 3.38% de voix s’étant portées sur Villiers et Nihous. Au final, on trouve un score pour Sarkozy entre 45.48% et 48.58%.
La majeure partie des différences entre sondages s’expliquent en fait par les différences entre les estimations du report des électeurs de Bayrou sur Sarkozy : de l’ordre de 2.5% des suffrages exprimés au premier tour pour l’instant. En fait, ce sont les électeurs Bayrou qui s’abstiennent de voter Sarkozy qui peuvent le plomber dans les sondages. Plus que le report imparfait des voix, c’est le non-report, l’abstention qui explique les variabilités d’un sondage à l’autre. Ces considérations sondagières me ramènent à l’enquête publiée le soir du 22 avril par IFOP. Enquête qui donnait Sarkozy à 54% et à mon avis a été soit mal faite, soit un peu bidouillée. Quand on regarde les reports sur Royal, rien d’anormal a priori en comparaison des enquêtes ultérieures : 46% des électeurs de Bayrou, 17% des électeurs de Le Pen. Non, le problème est que si vous regardez les résultats p 5, tous ceux qui ont voté au premier tour… votent aussi au second tour. Du coup, 54% des bayrouistes se reportent sur Sarkozy, ainsi que 83% des électeurs du FN. Tout se passe comme si les non-électeurs de Royal avaient été automatiquement considérés comme des électeurs de Sarkozy ! Cela explique le score quasi-plébiscitaire de Sarkozy (calculette en main, on retrouve effectivement un peu plus de 54%), un score qui livré en pleine soirée électorale ne pouvait qu’impressionner. Par ailleurs, si quelqu’un peut m’expliquer par quelle opération du saint esprit 59% des électeurs ne s’étant pas prononcé au premier tour se prononcent pour Sarkozy au deuxième (dernière ligne de la page 5), et comment les abstentionnistes réapparaissent tout aussi miraculeusement sur la première page…. Evidemment, tout cela m’inspire quelque suspicion.
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