OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 FreeMobile : combien ça coûte ? http://owni.fr/2012/01/10/freemobile-combien-ca-coute/ http://owni.fr/2012/01/10/freemobile-combien-ca-coute/#comments Tue, 10 Jan 2012 18:39:24 +0000 Jean Marc Manach http://owni.fr/?p=93680 Le lancement des forfaits FreeMobile fait exploser les statistiques de fréquentation des sites d’information, qui multiplient les articles et donnent à cette couverture médiatique tous les atours d’une énorme campagne de promotion gratuite (voir Free frime).

MaJ : Désireux de savoir combien un abonné pourrait économiser (#oupas) en migrant dès aujourd’hui chez FreeMobile, OWNI a de son côté créé une petite calculette afin de pouvoir comparer ce qu’un abonné (soumis à une durée d’engagement de 12 ou 24 mois -et au-delà des services associés, ou de la question du renouvellement du mobile) paiera à son opérateur actuel, et ce que coûterait, frais de résiliation compris, de passer dès aujourd’hui chez FreeMobile.

MaJ bis : devant la pression populaire, en commentaire, nous rajoutons également le forfait à 2€ (ou à 0€ pour les abonnés Freebox) que nous n’avions pas initialement mentionné dans la calculette, conçue pour aider ceux qui voulaient opter pour le forfait à 15,99/19,99€ tout en étant engagé chez un autre opérateur, et parce que nous pensions bêtement qu’on n’avait pas besoin d’OWNI pour faire des multiplications par deux.

MaJ ter : malgré les nombreux commentaires accusant OWNI d’être vendu aux concurrents de Free, nous refusons d’évoquer dans la calculette ceux qui n’ont pas de durée d’engagement. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont pas besoin de calculette pour savoir combien FreeMobile leur fera économiser, encore faut-il apparemment le préciser : cette calculette ne sert qu’à estimer combien vous coûtera le fait de quitter votre opérateur actuel si vous êtes soumis à une durée d’engagement, tout simplement. Nous pensons que les gens sont suffisamment intelligents pour ne pas avoir besoin de nous pour savoir si, en fonction de leurs consommations et forfaits, l’offre de FreeMobile est plus intéressante pour eux, #oupas.

En vertu de la loi Châtel, trois cas de figures se présentent : si votre période d’engagement est de 12 mois, vous êtes tenus de payer la totalité des mois restants. Par contre, si la durée est de 24 mois, vous devez certes payer l’intégralité de la première année, mais seulement le quart des mensualités de la seconde année.

On découvre ainsi qu’un abonné qui se serait engagé pour 12 mois n’a donc a priori aucun intérêt économique à passer chez Free d’ici la fin de sa période d’engagement : il devra de toute façon payer à son opérateur l’intégralité des mois restants. De même, un abonné ayant souscrit un forfait de téléphonie mobile à 25€, et qui ne serait pas déjà client des forfaits Internet Free, paiera plus cher en souscrivant à l’offre FreeMobile qu’en restant chez son opérateur jusqu’à la fin de son engagement. Quand bien même il serait déjà abonné chez Free, il ne ferait d’économies que s’il lui reste moins de 14 mois d’engagement : au-delà, l’offre FreeMobile, frais de résiliation compris, lui reviendra plus cher.

Les titulaires d’abonnements à 30€ qui ne sont pas déjà abonnés à l’offre Internet de Free n’économiseraient eux aussi que 13€ s’il leur reste 5 mois d’engagement, 32€ pour un an. Par contre, s’il leur reste plus de 14 mois d’engagement (ou 17 s’ils sont déjà clients chez Free), la migration vers FreeMobile leur reviendrait plus cher que de rester chez leur opérateur actuel…

Diviser la facture par deux ?

A contrario, plus le montant du forfait est élevé, plus les économies à réaliser sont importantes, et encore plus si l’abonné est déjà chez Free. Le titulaire d’un abonnement à 56€ pourrait ainsi espérer économiser 110€ s’il lui reste 5 mois d’engagement, 266€ s’il lui reste un an, mais seulement 27€ s’il vient tout juste de s’abonner (et, respectivement 130, 313 et 123€ s’il est déjà client de Free).

Un comparatif réalisé en octobre dernier montrait que les offres “quadruple play” (internet + télévision + téléphonies fixe + mobile) revenaient, sur 24 mois, entre 1627€ (Numéricable) et 2758€ (Orange). En l’état, l’abonnement à l’offre “triple play” de Free plus l’abonnement à FreeMobile revient, lui, à 1248€ (ou 1128€ sans la téléphonie mobile illimitée depuis la FreeBox, ou 912€ avec le forfait à 2€).

La différence est certes importante, et si FreeMobile peut effectivement permettre de “diviser par deux la facture de téléphonie mobile“, comme Xavier Niel s’y était engagé, l’offre de Free ne permet donc pas forcément pour autant de diviser par deux la facture de ce que coûtent l’ensemble de nos télécommunications (MaJ 2 : sauf à opter pour le forfait “light” à 2€).

Les autres opérateurs étant susceptibles de revoir leurs offres pour répondre à FreeMobile, afin de faire baisser la facture, il n’est donc pas forcément urgent de se précipiter. “19,99 euros, c’est notre prix et l’on souhaite que nos concurrents viennent s’aligner sur le marché“, a déclaré ce matin Xavier Niel. La course est lancée. On attend avec impatience la concurrence…



MaJ : PS : plusieurs commentaires soulignent que notre calculette ne prend pas en compte le forfait à 2€, le coût de l’achat à crédit et/ou subventionné du mobile, des services associés, ou encore de ceux qui n’ont pas d’engagement. C’est tout à fait vrai : nous ne prétendons pas avoir réalisé la calculette ultime, mais un outil permettant de se faire une idée du prix de la téléphonie mobile, telle que Free vient de la redessiner, et pour ceux qui -la majorité- ont un forfait avec une durée d’engagement. Pour ce qui est des services associés (3Go de datas, sans filtrage de ports, notamment), on attend la réponse des autres opérateurs. Pour ce qui est de l’achat de mobiles, la question reste à creuser, les iPhone 4S coûtant apparemment plus cher acheté “à crédit” via FreeMobile que directement sur Apple…

Application “Calculette” développée par James Lafa et Anne-Lise Bouyer.

Full disclosure : Xavier Niel est actionnaire, à titre personnel, de la SAS 22Mars, maison mère d’OWNI, mais #OSEF.

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Con-sommation http://owni.fr/2009/11/15/con-sommation/ http://owni.fr/2009/11/15/con-sommation/#comments Sun, 15 Nov 2009 19:16:25 +0000 Admin http://owni.fr/?p=5456 Vie de parisiens nous livre régulièrement quelques anecdotes acides sur le quotidien dans la capitale. En voici une nouvelle »

Le parisien, lorsqu’il invite un pote provincial à boire un canon afin de parler du bon vieux temps à la terrasse d’un café, il aime choisir THE quartier qui en jette. Seulement, cet endroit a un prix, et là, le provincial même s’il se doute que ça va lui couter, tombe quand même des nues à l’annonce du tavernier.

Aussi, le “neo-provincial” prépare son billet de 5 pour payer son demi …

» Article issu du blog Vie de parisiens

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Peut-on interdire l’établissement de liens vers son site Internet ? http://owni.fr/2009/11/06/peut-on-interdire-letablissement-de-liens-vers-son-site-internet/ http://owni.fr/2009/11/06/peut-on-interdire-letablissement-de-liens-vers-son-site-internet/#comments Fri, 06 Nov 2009 16:30:09 +0000 Rubin Sfadj http://owni.fr/?p=5289

Voici quelques semaines, j’avais promis à Éric de rédiger un billet sur les entreprises qui veulent interdire les liens vers leur site.

Chose promise, chose due, d’autant que le sujet ne m’est pas totalement étranger : le droit des liens hypertexte, c’était le thème de mon mémoire de DEA.

Éric pose la question suivante : “Ces sites ont-ils le droit de vous interdire de les linker ?” L’esprit retors brûle de lui répondre : ils en ont le droit, puisqu’ils le font. C’est que la question devrait plus précisément se poser dans les termes suivants :

La décision par une entreprise d’interdire au public d’établir des liens hypertexte vers son site Internet peut-elle valablement produire l’effet escompté ?

Autrement dit : le problème n’est pas tant de savoir si on a le droit d’interdire, mais plutôt si cette interdiction a la moindre portée. Par exemple, je peux bien décider d’interdire à mon voisin de jouer de la perceuse le dimanche à 7 heures du matin. Mais ce qui compte réellement, c’est de savoir d’une part si la loi m’offre les moyens de faire suivre cette interdiction d’effets, et d’autre part, le cas échéant, ce que risque mon voisin s’il s’amuse à méconnaître mes avertissements respectueux.

Dans l’affaire qui nous intéresse, il faut donc en premier lieu se demander si la loi offre la possibilité d’interdire les liens hypertexte. Brisons là le mystère ; la réponse courte est : pratiquement jamais.

J’écris “pratiquement” parce que le Tribunal de commerce de Paris a rendu le 26 décembre 2000, dans une affaire opposant les sociétés Havas Numérique et Cadres On Line à la société Keljob, une ordonnance de référé dont la portée peut être résumée ainsi (c’est moi qui graisse) :

Si la pratique de liens hypertextes peut favoriser le développement du réseau internet, c’est à la condition sine qua non du respect incontournable des lois et règlements qui régissent le droit de la propriété intellectuelle. Au surplus, s’il est admis que l’établissement de liens hypertextes simples est censé avoir été implicitement autorisé par tout opérateur de site “web”, il n’en est pas de même pour ce qui concerne les liens dits “profonds” et qui renvoient directement aux pages secondaires d’un site cible, dans passer par la page d’accueil. En conséquence, toute création d’hyperliens entre les sites du réseau internet, quelle que soit la méthode utilisée et qui aurait pour conséquence de détourner ou dénaturer le contenu ou l’image du site cible vers lequel conduit le lien hypertexte, de faire apparaître ledit site cible comme étant le sien, sans mentionner la source, de ne pas signaler à l’internaute de façon claire et non équivoque qu’il est dirigé vers un site ou une page web extérieur au premier site connecté, sera considérée comme une action déloyale, parasitaire et une appropriation du travail et des efforts financiers d’autrui.

De ces mots d’une grande sagesse (jamais démentis à ma connaissance), il faut tirer les conclusions suivantes :

1. Mettre en ligne un site Internet, c’est accepter implicitement que d’autres établissent des liens vers ce site. À celui qui ne veut pas courir ce risque, il est recommandé d’en rester au Minitel.

2. Toutefois, les liens hypertexte n’échappent pas aux lois en vigueur. Ils peuvent, employés avec malice, servir toute une série de pratiques sanctionnées notamment par le droit d’auteur, le droit pénal, et, en l’espèce, la responsabilité civile délictuelle.

3. Le respect d’un certain nombre de bonnes pratiques permet de se tenir éloigné des foudres de la justice :

  • Ne pas cacher à l’utilisateur, d’une manière ou d’une autre, qu’il s’apprête à visiter un site extérieur au vôtre ;
  • Ne pas utiliser le lien comme une façon de profiter indûment du travail d’autrui ;
  • Autant que possible, éviter d’utiliser l’intitulé du lien comme un moyen de déverser sa haine contre l’auteur ou l’éditeur du site lié.

Tant que demeurent respectés ces quelques principes de bon sens, telle ou telle entreprise peut bien interdire l’établissement de liens vers son site, elle aura toutes les peines du monde à faire suivre sa décision d’effets.

Ma réponse est volontairement succincte, tant le droit des liens hypertexte est aussi large que l’ensemble des domaines qu’il intéresse potentiellement. Une réponse plus détaillée s’intéresserait aux questions de droit des contrats, de droit d’auteur ou encore de droit pénal — bref, à tous les domaines où une société désirant interdire les liens vers son site peut se chercher, mais le plus souvent sans succès, un fondement.

J’invite donc naturellement ceux qu’un exposé plus long ne rebute pas à consulter mon mémoire, qui date certes de 2003 mais dont les conclusions demeurent, sur le fond, assez largement valides.

» Article initialement publié sur http://sfadj.com/

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La révolution numérique considérée comme une quatrième révolution http://owni.fr/2009/11/04/la-revolution-numerique-consideree-comme-une-quatrieme-revolution/ http://owni.fr/2009/11/04/la-revolution-numerique-consideree-comme-une-quatrieme-revolution/#comments Wed, 04 Nov 2009 11:58:22 +0000 Admin http://owni.fr/?p=5173 [NDLR] “La révolution numérique considérée comme une quatrième révolution” est un texte du philosophe italien Luciano Floridi, spécialiste de la philosophie de l’information et professeur Oxford. Cette traduction en français a été effectuée par Patrick Peccatte. Nous reproduisons ce texte avec son aimable autorisation >

En simplifiant à l’extrême, la science a deux manières fondamentales de changer notre compréhension : l’une est extravertie et se rapporte au monde, l’autre est introvertie et nous concerne nous-mêmes. Trois révolutions scientifiques ont eu un grand impact, à la fois selon les deux points de vue extroverti et introverti. En changeant notre compréhension du monde extérieur, elles ont également modifié notre conception interne de ce que nous sommes. Après Copernic, la cosmologie héliocentrique a déplacé la Terre et donc l’humanité du centre de l’univers. Darwin a montré que toutes les espèces vivantes ont évolué au fil du temps depuis des ancêtres communs et par la sélection naturelle, déplaçant ainsi l’humanité du centre du monde biologique. À la suite de Freud, nous reconnaissons de nos jours que l’esprit est aussi inconscient et sujet au mécanisme de défense du refoulement. Donc, nous ne sommes pas immobiles, au centre de l’univers (révolution copernicienne), nous ne sommes pas d’une nature distincte et différente du reste du règne animal (révolution darwinienne), et nous sommes très loin d’être des esprits purement rationnels entièrement transparents pour nous-mêmes (révolution freudienne).

Freud fut le premier à interpréter ces trois révolutions dans le cadre d’un même processus de réévaluation de la nature humaine, et ce, bien que sa perspective ait été ouvertement égocentrique. Mais si l’on remplace Freud par les neurosciences, nous pouvons encore trouver ce cadre utile pour expliquer l’intuition selon laquelle quelque chose de très significatif et profond s’est récemment produit à propos de la compréhension de nous-mêmes. Depuis les années cinquante, l’informatique et les TIC ont exercé une influence à la fois extravertie et introvertie, modifiant fondamentalement non seulement nos interactions avec le monde, mais également les conceptions essentielles sur ce que nous sommes. Nous ne nous interprétons plus comme des entités autonomes, mais plutôt comme des organismes informationnels interconnectés, ou des inforgs, qui partageons avec les agents biologiques, artificiels, ou hybrides, et avec les artefacts issus de l’ingénierie, un environnement global qui est au final constitué d’information – l’infosphère. Tel est l’environnement informationnel, constitué par l’ensemble des processus d’information, des services et des entités, y compris les agents d’information, leurs propriétés, leurs interactions, et leurs relations mutuelles. La révolution numérique est donc mieux comprise comme une quatrième révolution dans le processus de dislocation et de réévaluation de notre nature fondamentale et de notre rôle dans l’univers. Pour autant que nous le sachions, nous sommes les seuls moteurs sémantiques dans l’univers. Nous sommes nés pour être des inforgs et nous poursuivons notre programme informationnel sans relâche au moins depuis l’âge du bronze, l’époque qui marque l’invention de l’écriture en Mésopotamie et dans d’autres régions du monde (au 4e millénaire avant JC).

La révolution numérique renouvelle notre point de vue de tous les jours sur nous-mêmes et sur la nature ultime de la réalité, c’est-à-dire qu’elle transforme notre métaphysique depuis un point de vue matérialiste, selon lequel les objets physiques et les processus jouent un rôle clé, vers un point de vue informationnel. Les objets et les processus sont de plus en plus considérés comme “dé-physicalisés”, dans le sens où ils ont tendance à être traités comme indépendants de leurs supports (considérez par exemple un fichier de musique). Ils sont “typifiés”, catégorisés comme des types dans le sens où une instance d’un objet – ma copie d’un fichier de musique – est aussi valable que son type – le fichier de musique dont ma copie constitue une instance. Et ils sont supposés être parfaitement clonables par défaut, dans le sens où ma copie et votre original deviennent interchangeables. Et moins de contrainte sur la nature physique des objets et des processus signifie que le droit d’usage est perçu comme étant au moins aussi important que le droit de posséder. Le P2P ne signifie pas Pirate à Pirate mais Platonicien à Platonicien, car c’est la nature immatérielle des choses qui sous-tend le phénomène. Enfin, le critère d’existence – ce que cela signifie pour une chose d’exister – n’est plus effectivement immuable (les Grecs pensaient que seul ce qui ne change pas peut pleinement exister), ni potentiellement soumis à la perception (la philosophie moderne a insisté sur le fait qu’une chose devait être perceptible par les cinq sens pour exister), mais il est potentiellement soumis à l’interaction, même si celle-ci est impalpable. Être, c’est être sujet à interaction, même si l’interaction est seulement virtuelle.

Une conséquence importante est que nous nous dirigeons rapidement vers une marchandisation des objets qui considère que la réparation est synonyme du remplacement, même quand il s’agit de bâtiments entiers. Cela a conduit, en contrepartie, à une hiérarchisation des marques d’information et à la réappropriation : la personne qui place un autocollant sur la fenêtre de sa voiture – qui est par ailleurs parfaitement identique à des milliers d’autres – lutte pour son individualisme. La quatrième révolution a encore exacerbé ce processus. Quand le lèche-vitrine [window-shopping] devient achat depuis Windows [Windows-shopping] et ne signifie plus marcher dans la rue mais naviguer sur le Web, notre sentiment d’identité personnelle commence à se détériorer. Au lieu d’être perçus comme des individus, des entités uniques et irremplaçables, nous devenons des produits de masse, des entités anonymes parmi d’autres entités anonymes, exposées à des milliards d’autres inforgs similaires également en ligne. Nous pratiquons donc l’auto-promotion et nous nous réapproprions nous-mêmes dans l’infosphère en utilisant les blogs, les albums Flickr, les pages web et les vidéos sur YouTube. Il n’y a pas de contradiction entre une société si soucieuse de la confidentialité et le succès de services comme Facebook. Nous utilisons et exposons des informations sur nous-mêmes de façon à devenir moins anonymes du point de vue informationnel. Nous tenons donc à maintenir un niveau élevé de protection des renseignements personnels parce que nous souhaitons sauvegarder un capital précieux qui peut être ensuite publiquement investi par nous-mêmes afin de nous construire en tant qu’individus uniques, perceptibles comme tels par les autres.

Tout cela fait partie d’une évolution métaphysique plus profonde provoquée par la quatrième révolution. Au cours de la dernière décennie, nous nous sommes habitués à conceptualiser notre vie en ligne comme un mélange entre d’une part une adaptation évolutive des agents humains à un environnement numérique, et d’autre part une forme de post-modernité, de néo-colonisation de cet espace par nous-mêmes. La vérité pourtant est que la révolution numérique constitue autant un changement de notre monde que la création de nouvelles réalités. Le seuil entre le ici (l’analogique, ce qui est basé sur le carbone, le off-line) et le là-bas (le numérique, ce qui basé sur le silicium, le on-line) s’estompe rapidement, mais ceci est autant à l’avantage du dernier terme que du premier. Le digital se répand sur l’analogique et fusionne avec lui. Cette informatisation croissante des artefacts, des identités et de l’ensemble des environnements sociaux et activités de la vie donne à penser que bientôt il sera difficile de comprendre ce qu’était la vie dans les temps pré-numériques, et que, dans un proche avenir, la distinction même entre on-line et off-line va disparaître. L’expérience commune qui consiste à conduire une voiture en suivant les instructions d’un GPS permet de comprendre en quoi il devient inutile de se demander si l’on est en ligne. Pour le dire de façon spectaculaire, l’infosphère absorbe progressivement tout autre espace. Nous vivons “onlife” et vos Nike et votre iPod vont se parler d’ici peu.

À l’heure actuelle, les générations plus âgées considèrent toujours le cyberespace comme quelque chose dont on se connecte et se déconnecte. Notre vision du monde (notre métaphysique) est toujours moderne ou newtonienne : elle est constituée de voitures, bâtiments, meubles, vêtements, réfrigérateurs, qui sont “morts”, non interactifs, insensibles et incapables de communication, d’apprentissage ou d’enregistrement. Mais dans les sociétés avancées de l’information, ce que nous vivons encore comme le monde off-line est appelé à devenir un environnement pleinement interactif et plus réactif, constitué de processus d’information sans fils, omniprésents, distribués, un environnement qui fonctionne de n’importe quelle chose à n’importe quelle chose [a2a – anything to anything], partout et n’importe quand [a4a - anywhere for anytime] et en temps réel. En conséquence, nous vivrons dans une infosphère que deviendra de plus en plus synchronisée (relativement au temps), délocalisée (relativement à l’espace) et corrélée (relativement aux interactions). Cela nous invite d’abord progressivement à comprendre le monde comme quelque chose de “a-live” (artificiellement vivant). Les choses sont de moins en moins inanimées, même si leurs nouvelles “âmes” sont numériques. Cette animation digitale du monde conduira ensuite, paradoxalement, à rendre notre façon de voir plus proche de celles des cultures pré-technologiques qui interprétaient tous les aspects de la nature comme habités par des forces. Seul Ulysse pouvait bander son arc mythique. Aujourd’hui, seul un utilisateur portant un anneau spécial avec un code unique peut déverrouiller la gâchette d’un iGun™.

En raison de cette reconceptualisation informationnelle de notre métaphysique, il deviendra normal de considérer le monde comme une partie de l’infosphère, non pas tant dans le sens dystopique exprimé par un scénario analogue à celui du film Matrix, où la “réalité réelle” est toujours aussi dure que le métal des machines qui l’habitent, mais dans un sens évolutif et hybride représenté par un environnement comme New Port City, la métropole fictive et post-cybernétique de Ghost in the Shell. À l’issue de cette mutation, le concept d’infosphère se sera déplacé depuis un moyen de se référer à l’espace de l’information jusqu’à devenir un synonyme de la réalité.

Les révolutions précédentes, en particulier celle de l’agriculture et la révolution industrielle, ont provoqué à long terme des transformations macroscopiques dans nos structures sociales et nos environnements physiques, souvent d’ailleurs sans beaucoup de prévoyance. La révolution numérique n’est pas moins dramatique. Nous rencontrerons des problèmes si nous ne prenons pas au sérieux le fait que nous sommes en train de construire le nouvel environnement qui sera habité par les générations futures. La meilleure manière d’aborder les nouveaux défis éthiques posés par la révolution numérique consiste sans doute à le faire à partir d’une approche environnementale ; pas celle qui privilégierait le naturel ou l’intégrité, mais plutôt celle qui traite comme authentiques et véritables toutes les formes d’existence et de comportement, même celles qui sont basées sur des artefacts synthétiques et issus de l’ingénierie. Cette sorte de e-environnementalisme synthétique exige un changement dans notre point de vue sur la relation entre la physis (la nature, la réalité) et la technè (la pratique des science et ses applications).

La question de savoir si la physis et la technè peuvent être conciliées ne possède pas une réponse prédéterminée qui attendrait d’être devinée. Il s’agit d’un problème pratique dont la solution réalisable doit être inventée. Pour prendre une analogie, nous ne demandons pas de savoir si deux produits chimiques pourraient se mélanger mais plutôt de savoir si un tel mariage peut réussir. Une réponse positive est tout à fait envisageable à condition que les bons engagements soient réalisés. Un mariage réussi entre la physis et la technè est sans aucun doute vital pour notre avenir et cela mérite nos efforts soutenus. Essayez d’imaginer le monde non pas demain ou l’année prochaine, mais au prochain siècle ou au prochain millénaire : un divorce entre la physis et la technè serait absolument désastreux tant pour notre bien-être que pour la bonne qualité de notre habitat. Une chose que les technophiles et les fondamentalistes verts doivent comprendre, c’est que l’échec d’une négociation de la relation féconde et symbiotique entre la technologie et la nature n’est pas une option.

Un mariage réussi entre la physis et la technè est heureusement réalisable. Certes, beaucoup de progrès doivent encore être réalisés. La physique de l’information peut être très gourmande en énergie et donc potentiellement hostile envers l’environnement. Mais la révolution numérique peut nous aider dans notre lutte contre la destruction, la paupérisation, le vandalisme et le gaspillage des ressources naturelles et humaines, y compris les ressources historiques et culturelles. Nous devons résister à toute tendance à traiter, comme les Grecs le faisaient, la technè comme la Cendrillon de la science ; résister aussi à toute velléité absolutiste consistant à n’accepter aucun équilibre moral entre un mal inévitable et davantage de bien ; et résister enfin à toute tentation métaphysique moderne et réactionnaire d’enfoncer un coin entre le naturalisme et le constructivisme, en privilégiant le premier comme étant la seule dimension authentique de la vie humaine. Le défi consiste à réconcilier nos deux rôles, comme organismes informationnels et agents au sein de la nature d’une part, et en tant que régisseurs de cette nature d’autre part. La bonne nouvelle c’est qu’il s’agit d’un défi que nous pouvons relever. La chose bizarre c’est que nous comprenons lentement que nous possédons une telle nature hybride. Le point crucial dans ce processus d’auto-compréhension est ce que j’ai défini ci-dessus comme la quatrième révolution.

Luciano Floridi donnera le 19 novembre 2009 (17h à 19h) à Paris, une conférence publique intitulée The Fourth Revolution.

Centre de Recherches Interdisciplinaires (CRI)
Faculté de Médecine, site Cochin Port-Royal, Université Paris Descartes, 24, rue du Faubourg Saint Jacques 75014 Paris

Pour approfondir :

Le blog de Luciano Floridi et son site Internet

Un autre article traduit par Patrick Peccatte : Web 2.0 contre web sémantique, un point de vue philosophique

» Article initialement publié sur http://blog.tuqoque.com

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Parisiennes 2.0 http://owni.fr/2009/11/03/parisiennes-20/ http://owni.fr/2009/11/03/parisiennes-20/#comments Tue, 03 Nov 2009 09:58:59 +0000 Admin http://owni.fr/?p=5134 Le blog Vie de Parisiens continue à retranscrire ce qu’il observe dans les rues de la capitale. Aujourd’hui, l’analyse des nouvelles formes de communication, qui parfois confinent à l’absurde >

Si certes sur Owni il n’est guère de bon ton de moquer les webaddicts que nous sommes tous, il en est tout autrement des parisiens IRL qui vivent IRL 2.0…. Vivent les eee, mini PC et I-phone ! Que constater ?

Paris est connectée, le parisien à tout le moins. Il vogue à ses occupations en communiquant à l’excès avec ses contemporains : jamais il ne parle, toujours il écrit. Il tchate. Depuis son Blackberry ou son I-Phone, son eee logué sur facebook ou msn pour les réacs.


» Lire la suite sur Vie de parisiens

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Twitter List Rank – C’est moi le meilleur coup! http://owni.fr/2009/10/30/twitter-list-rank-cest-moi-le-meilleur-coup/ http://owni.fr/2009/10/30/twitter-list-rank-cest-moi-le-meilleur-coup/#comments Fri, 30 Oct 2009 15:43:03 +0000 Admin http://owni.fr/?p=5042 L’air de rien, comme ça, au milieu de la nuit, Twitter a refilé une nouvelle fonctionnalité à plein de Twitters influents (dont il est de notoriété publique que je fais partie ;-)

Je me suis d’abord perdu en réflexions vaines, tout moi ça, sur l’intérêt d’une telle fonctionnalité, alors que j’ai recours à Twitter depuis mon Seesmic et que ça fait belle Laurette que je me suis créé des filtres dans mes amis, en fonction du moment de la journée ou de l’endroit où je me trouve. Amis, Ubergeeks, mobile actus… sont ainsi tout bien tous rangés dans les filtres de Seesmic.

Alors oui mais pourquoi ces Twitter listes alors?

1) Le passage de “c’est moi qui ait la plus grosse” à “c’est moi le meilleur coup”.

Twitter a beau être un outil web qui commence seulement à passer le cap du “ouuuuh le vilain réseau social qui nuit à la productivité des entreprises” , il y a dans son fonctionnement, quelques règles simples, amies des twittomaniaques autant que des responsables marketing on line, et de cette nouvelle caste que sont les Community managers. Des règles qui ressemblent d’ailleurs beaucoup à ce qui se passait sur les blogs à l’époque, et que je me souviens que Damien Van Achter (Community manager de la RTBF) qualifiait de “concours de kékettes”.

Le nombre de followers était jusqu’ici la métrique de l’influence d’un Twitterer, comme le feeburner ou le classement wikio sont ceux des blogs. En gros plus ta queue de followers est longue et plus tu donnerais du plaisir. Autant à tes lecteurs qu’aux gentils messieurs et dames qui cherchent à t’utiliser pour parler d’un produit ou comprendre l’avis de @lesinternautes sur une idée.

Parfois on enrage, nous autres ceux avec un ptit tweet… de voir le nombre hallucinant de followers que récolte @20hLFerrari en deux tweets, là où toi tu galères à aguicher le lecteur pas à pas depuis deux ans. Mais sur Twitter comme ailleurs, la notoriété ne vient pas que de la qualité de tes productions. Et twitter n’est pas un outil coupé du monde mon bon monsieur

Jusqu’ici, petit Tweet tu as, petit tweet tu gardes, puisqu’en plus le con d’internaute, vous quoi, quand il regarde un profil dans sa consommation quotidienne de friandises sociales, il préfère toujours choisir le gars qui a un bon ratio. genre 200 followings et 7000 followers style. Le leader d’opinion, le twitter foufou, le type dont rejoindre la longue traîne est super cool. (Type qui soit dit en passant gagne lui même en efficacité… depuis que j’ai passé la barre des 500 vrais followers quand je pose une question…. j’obtiens au moins une réponse pertinente. L’air de rien ça compte surtout quand tu as prêché longtemps dans le désert).

Tout le monde l’a compris. Ce sont ces gars là qui testent les produits, eux qui ont le meilleur  avis eux qui, d’un petit 140K de derrière les fagots, sont capables de déchaîner les foules et irriter Finkielkraut. Autour d’une idée ou d’un produit.

Parce que j’ai testé toutes les méthodes préconisées pour le twit enlargement… je sais comme vous qu’on peut tricher un peu. Allez on laisserait bien de ci de là une Britney la cochonne dans ses followers, ou un messie 2.0 du Wisconsin tiens. On est prêt à laisser un “i know how to win 1000 $” de derrière un inoffensif twitter et oui oui Blogconcours est un twitter qui vous lit tous les jours avec religion. Non mais.

Avec l’apparition du list rank, la donne devrait quand même un peu changer. C’est une info pour les community managers de tout poil et les RP 2.0. Les twitterers influents attirent les groupies comme des mouches. Et pas que des Britney avec leur magic stick. Les twitterers influents aiment d’autres twitterers influents et sont prêts à le dire. Les twitterers influés aussi. Et voilà qu’arrive une nouvelle métrique de classement des personnalités Twitter. L’influence par l’inscription d’un Twitterer adoubé dans la liste thématique d’un autre Twitterer. Pour des raisons valables ou non

Ceci devrait rapidement s’imposer comme outil de sélection. Je ne vois pas quelle andouille s’amuserait à mettre les Britney dans ses listes. Je vois que déjà @Loic est enlisté plus de 240 fois en moins de 12h…..

2) La naissance d’un outil pour les marketeux et Community managers

La liste devient en soi un moyen de communication. M’est avis que la liste de @jeanlucr @eogez ou @egadenne de twitters classés sous le sobriquet “web” aura plus de valeur que la mienne du même nom. Qu’une liste de “beaux gosses” par @chamoi @Stazz ou @Marion_MdM  @serait sans nul doute rapidement une des plus commentées du web. Quant à nimporte quelle liste de @loic… je fiche mon billet que c’est mieux que nimporte quel follow friday du monde.

Des outils de communication naissent pour les marques ou les gestionnaires d’image de marque d’une personnalité

- gérer efficacement la liste publique de l’intéressé sur un sujet défini: que vaut commercialement, quelle est la valeur d’une citation dans la liste “super produits” de @pressecitron ou @gonzague? Je ne le sais pas encore. Mais ce vecteur de notoriété à une valeur, sans doute monnayable.

- gérer efficacement les listes de twitprésence pour une personnalité politique ou une marque. Si @Netsizecorp se mettait à citer Momac dans une liste de “socitétés de référence” ou tel judoka une liste de politiciens très marqués d’un bord ou de l’autre… c’est un métier. J’ai hâte d’ailleurs de voir quelles listes @nk_m et @benoithamon vont nous pondre. Ou mieux. Hâte de voir quelle liste @Mateusz va-t-il inventer pour son @doulkeridis de patron. Parce que rien que trier des contacts, les ordonner et les nommer…. c’est dire quelque chose de soi et pour soi vers le monde.

- devenir encore plus méchants: maintenant on pourra mettre tous ensemble @Benoithamon dans des listes aux noms évocateurs (dont acte liste…) ou se lâcher en créant des listes fofolles où ajouter @morandiniblog, qui s’afficheront direct sous leur onglet “list”….

Des outils à développer pour les agences numériques et de branding

Vivement qu’on puisse se mettre à DM iser toute une liste avec un message. Le jour où Twitter nous ouvre cette fonctionnalité on ouvre un voie royale pour pérenniser encore plus le travail des CM en agence.

- La liste comme outil de communication: ou la mailing liste à l’envers > imaginez le jour où @BUZZMAN_TIME vous patate à vous et rien qu’à vous, identifiés dans sa liste “amateurs de sport” par l’agence, la dernière vidéo virale d’Orange mettant en scène Sébastien Chabal; tandis qu’à tel autres décrétés “Influenceurs” elle peut réserver sa dernière appli pour rire, sur Iphone….ouaaaaah En plus… je suis prêt à parier que le follower ainsi alerté, se sentira tout ému. Il fera partie d’une grande communauté.

On en est pas là…. mais je serais les agences de buzz, je commencerais à bien me chiader de jolies listes de following par thématiques. Pour le jour où et parce que…

Ben parce que si demain je suis un annonceur, et que je viens vous voir en demandant… j’ai le produit shmurz à vendre. Il s’adresse aux jeunes urbaines de 22 ans, disposant d’un Iphone…. z’imaginez la classe de pouvoir me répondre. Ok dans ce cas précis je peux t’adresser 7650 profils ciblés….

Ou dans l’autre sens, imaginez l’Electron Libre de @ZaraA vous proposant soudain des listes thématiques de twitters intéressants dans X domaines…. ca pose son canaillou non? m’est avis que ça se valorise pour la pub en ligne du site ….. de proposer les liens vers ces personnes dédiées via le site…

Enfin, je m’enflamme sans doute un peu… la fonctionnalité est à peine lancée et je ne suis partie prenante que de 8 listes…. la loose. J’ai toujours été gagne petit comme mec….

Denis – @Emgenius

» Article initialement publié sur Emgenius

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http://owni.fr/2009/10/30/twitter-list-rank-cest-moi-le-meilleur-coup/feed/ 7
Quel pouvoir pour l’internaute engagé et bavard ? http://owni.fr/2009/10/28/quel-pouvoir-pour-l%e2%80%99internaute-engage-et-bavard/ http://owni.fr/2009/10/28/quel-pouvoir-pour-l%e2%80%99internaute-engage-et-bavard/#comments Wed, 28 Oct 2009 10:23:08 +0000 Damien Van Achter http://owni.fr/?p=4989 Post image for Quel pouvoir pour l’internaute engagé et bavard ?

Chronique diffusée ce mercredi dans Matin Première (RTBF) :

Selon les termes d’une récente étude menée par des chercheurs de l’université de l’Ohio, « Les personnes ayant des opinions fortes ont plus tendance que celles plus modérées à s’exprimer sur les réseaux sociaux. Ce qui leur donne l’impression d’être en majorité et que leurs avis sont plus partagés qu’ils ne le sont en réalité » (…) »Plus ces personnes s’expriment en public, plus elles ont l’impression qu’elles sont nombreuses et représentatives de l’opinion de la majorité » (…) « C’est un cercle qui se nourrit lui-même« . Et la chercheuse Kimberly Rios Morrison de conclure, comme le titre très justement l’Atelier.fr: « L’internaute engagé et bavard ne fait pas forcément le leader d’opinion« .

Et pourtant, quand les internautes s’en mèlent …

Trois exemples dans l’actualité récente ont toutefois démontré que la mobilisation d’une partie des internautes, précisément celle la plus active sur les réseaux sociaux comme Twitter et Facebook, pouvait en l’espace de quelques heures mettre sur la sellette une personnalité politique (1),  une société « Entreprise de l’année 2009″ (2) ou encore un commerçant indépendant (3). A tort ou raison ? Bien malin (et surtout très présomptueux) celui qui se permettrait de répondre à cette question. Mais les faits sont-là et les conséquences en terme d’image de marque pour les entités ciblées par cette forme d’activisme éphémère, concentré et souvent non dénué d’humour, peuvent être importantes. Leur « karma » (càd leur réputation en ligne via notamment les références dans les moteurs de recherche) peut en être durablement affecté … et donc leur business aussi.

La tentation est alors bien sûr grande de sortir l’artillerie lourde et d’envoyer la cavallerie aux trousses de ces empêcheurs de tourner en rond. Certaines sociétés se sont d’ailleurs fait une spécialité de « nettoyer »  voire de faire disparaître les articles gênants, lettres d’avocats à entête à l’appui. Les cas se multiplient et à défaut de prouver leur légitimité, ces menaces de poursuites en diffamation suffisent généralement à pousser l’internaute à mettre « off line » ses propos, voire à les amputer des termes les plus litigieux.  La liberté d’expression n’est pourtant pas l’apanage des Pullitzer et  les juges placent généralement cette notion au-dessus des intérêts particuliers, fussent-ils ceux de multinationales.

De quoi faire changer les rapports de force ? A voir … Ceci dit, rien n’empêchera jamais une entreprise de dépenser son argent à criminaliser ses clients mécontents  plutôt qu’à les écouter …

Ressources:

(1) Le web, moteur de l’affaire Jean Sarkozy (Slate.fr)

(2) Election de Proximedia: réactions vives ou diffamation ? (Belgo IT)

(3) Retour de flamme pour un bijoutier belge qui voulait censurer Twitter (Blogging The News)

Crédit photo: PASIONARIA, by bruxella


» Article initialement publié sur Blogging The News

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Dis, c’est quoi un geek ? http://owni.fr/2009/10/20/dis-cest-quoi-un-geek/ http://owni.fr/2009/10/20/dis-cest-quoi-un-geek/#comments Tue, 20 Oct 2009 13:28:43 +0000 Media Hacker http://owni.fr/?p=4760 Cliquer ici pour voir la vidéo.

“anglophone”, “qui dort avec un sac de couchage sous son bureau”, “un mec avec des lunettes carrées et une coiffure bizarre”, “un accroc à l’informatique, un malade, comme nous tous”, “pareil qu’un freak”, “neuneu”, “perturbé”, “bouffe de la merde, il sort pas trop et il a que des amis garçons qui font comme lui”, “obsessionnel, collectionneur”, “sur son PC, sans vie sociale”, “hackers”, “pas de vie extérieure”, “un informaticien, un mec un peu intellectuel”, “passe à côté de l’essentiel”, “des grosses têtes” …

Bon, alors, on s’y retrouve, ou pas ?

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